La Revue socialiste - 1893 - Tome XVII - vol 01

50 l LA REVUE SOCIALISTE SALONS 1893 Les Indépendants - La Rose-Croix - Les Champs Elysées Le salon des lndé}lendants a ouYert la série des grandes expo~ sitions de peinture. Il a justifié son titre en accordant à tous les peinf rl's (sans concours et sans conditions) la plus large hospitalité. ~ous le suivrons avec plaisir clans cette voie nouvelle, qui est le moyen le plus certain de fermer la porte aux intrigues, au parti-pris, aux questions d'écoles ou de camaraderie. Un progrès matériel reste à accomplir: l'entrée de ce Salon devrait être gratuite; c'est aux indépendants à demeurer logiques avec le principe même de leur existence qui est : le jugement de toutes les œuvres par tous, quel que soit le fonds de leur bourse. Cette question pécuniaira aurait dû être résolue facilement; puisque les Indépendants ont été logés aux frais de la Ville, c'est-à-dire du Public, ils devaient au moins se cotiser, pour faire à ce public les honneurs de la maison. Nous insistons sur cette question matérielle,parce qu'elle est vitale pour les pauvres. Là où elle n'est point résolue, ils demeurent à la porte du paradis artistique. Quand je dis paradis, en parlant des Indépendants, je force un peu la note; mettons purgatoire, ce sera suffisant. 11y a là des tentatives heureuses qui, en général, manquent de maturité, mais non de hardiesse,d'invention et de recherches. Non seulement plusieurs de ces artistes n'auraient pas été déplacés aux salons cotés et tarifés, mais le Public se serait arrêté devant leurs œuYres, faveur qu'il accorde rarement aux élus officiels. Laissons de côté certaines femmeH wirtes ou jaunes, certains paysages écossais, certaines baignades sans eau et sans air, certaines têtes sans corps, qui font sourire l'artiste et désopilent les titis. Bah! autant ces franches caricatures que les médiocrités élyséennes; elles Bontau moins comiques, et nous ont procuré une heure de franche gaieté. Il faudrait pourtant dire à ces jeunes indépendants, que l'indépendance de la touche ne doit pas aller jusqu'à la grossièreté,

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