592 LA REVUE SOCIALISTE ILS VII JOUISSENT Ils aiguisent leurs palais, De vins fins et de liqueurs. ous affinons en nos cœurs, L'amertume des jours laids. Ils amassent des écus Dans leurs coffres ténébreux. - Nous réunissons pour eux, Des pointes de maux aigus. lis s'ouatent de bonheurs, Ils se grisent de désirs. - Nous n'avons pour seuls plaisirs Qµe d'être les durs vanneurs De ce siècle décevant. Et pour d'autres que pour nous, Le bon, le coûteux, le doux, S'échappent de notre van. LA La paix féconde et lumineuse Un jour renaîtra de la Femme, Et !"amour pur que l'on diffame Chassera toute ombre haineuse. Lorsque la terre à tous donnée, L'usine à tous les prolétaires, Feront, ouvriers volontaires, La production obstinée. La femme est l'Iris approchante, Des temps grossissant dansl'espace, En son char de gloire elle passe, Pendant que l'Humanité chante. Mais si nous tissons pour eux Des jours passés à jouir; Et si nous devons ouïr Les heures des jours affreux, De peiner à quoi nous sert; A quoi bon rester ainsi? Pourquoi vivre à la merci Du riche qui nous conquiert? Mieux vaut s'en aller au loin Partout où l'homme peu mol Fouille librement le sol Suivant son goût et besoin 1 Assez de maux à souffrir ; Assez de pauvres damnés ; Libres nous sommes tous nés, Libres nous voulons mourir ! VIII FEMME La femme est la bonne Kybèle Semant du grain par les vallées, Et ses paroles sont ailées, Son geste est beau,sa face tsl belle. La femme est berçante harmonie, Et le foyer rêve par elle ; Et sa voix est la chanterelle D'un violon que nul ne nie. Les monts, les forêts et les plaines Reverront émerger son culte ; Et plus d'un Sanctuaire occulte Vivra ses vertus souveraines. La femme est l"Iris approchante, La femme est la bonne Kybèle, Son geste est beau, sa face est belle. L'humanité par elle chante !
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