La Revue socialiste - 1893 - Tome XVII - vol 01

588 LA REVUE SOCIALISTE Les navires vont sur les mers Aux grands soleils épanouies Et des richesses inouïes Gisent dans les flancs des steamers Devant lesquels fuit le dauphin. Il a beau marteler l'enclume Au fond de l'atelier qui fume, Le Prolétaire meurt de faim ! Les amants. dans les bois feuillus, Ecoutent les jeunes nichées Des oiseaux gazouilleurs juchées Au fond des arbres chevelus. Les amants sont heureux, enfin !. .. Pendant que pour l'humaine joie Il fond l'or et tisse la soie, Le Prolétaire meurt de faim. IJl LES ENFANTS NUS Les pauvres enfants tout nus En hiver n'ont point de feu ; Le printemps est sans ciel bleu, L'automne est sans fruits charnus Pour eux ! Il n'est des bois verdissants Ni de ruisseaux pleins d'ajoncs, Bordés de peupliers longs ; Ni de parfums caressants Pour eux ! Il n'est point de roses sœurs Les berçant de contes doux ; Quand ils chantent, c'est la toux F~ite des cris oppresseurs Pour eux!

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