La Revue socialiste - 1893 - Tome XVII - vol 01

CHANSOSS SOCIALIS1'ES Vous entrez dans l'horreur des mines, De tout danger insoucieux ; Et toutes les maigres famines A la face ardente des cieux Vous tendent leurs bras anxieux Ah I pour vous nos cœurs sont troublés 1Frappez sur votre enclume à grands coups redoublés) lis sont pleins d'une âcre amertume Et le seront, tant que vos mains Retueront le charbon qui fume, Alors qu'au printemps les chemins Sont recouverts de frais gramens Et de lumière sont sablés ! - Frappez sur votre enclume à grands coups redoublés 1 Il LE PROLÉTAIRE MEURT DE FAIM ! Pendant que l'or ruisselle aux doigts Des courtisanes infécondes, Qui boivent les plai~irs immondes Avec des graillons plein la voix, Dans des coupes de cristal fin ; Mordu d'une incessante envie, Souffrant un enfer dans sa -vie, Le Prolétaire meurt de faim ! Les riches, sous les firmaments Dont la splendeur est coutumière, Elèvent en pleine lumière De magnifiques monuments. Les yeux ne peuvent voir la fin De leurs palais et ·de leurs terres : Brisé par des labeurs austères, Le Prolétaire meurt de faim 1 587

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