MAURICE RI'l'TINGHAUSEl\' 581 Pour qu'on puisse en 1'éjérer au peuple sur les lois, il faut qu'il y ait encore un autre pouvoir législatif en dehors du peuple, de mème on ne dit pas d'un homme qui fait sf'lll ses affaires, qu'il a lïnitiative dans sesalfaircs, puisque cela va de soi. Mais si cet homme a un associé qui est plus rusé et plus expérimenté que lui, son initiative peut se trouver singulièrement compromise, et c'est pourqnoi Rittiughauscu ne voulait pas d'associé pour le peuple en matière de législation. Dans son livre allemand : La Lrigi~lation direc!P, Cologne, 1877, il dit à propos de ce compromis : « Il ne sera jamais à évi- << ter comme forme tl'ansitoire là où la transformation s·opérera << d'une mani&e-pacifique et où une partie de la bourgeoisie le « demande avec le peuple, comme en Suisse, mais plus la démo- « cratie sera neuve dans un pays plus ce compromis présentera << le grave danger que la Chambre n'use de son pouvoir pour « abolir de nouveau les droits populaires JJ. Il ajoute page 134: « Si l'on essayait par suite d'un déve- << loppement d'idées singulier d'introduire cette institution « bàtarde, là où le système représentatif périt d'une autre ma- « nière, il y a du moins un point sur lequel on ne pourrait faire << la moindre concession : L'abolition de l'etrmée del'rait êt,·e « déCl'étéepar vote populaire rwant l' élPction d'une assemblé(, « législative. Si on agissait autrement, si on voulait avant l'abo- « lition de l'armée élire une assemblée pour attc11dre niaisement « ce décret de celle-ci, ce serait - on peut l'affirmrr avec certi- « tude - commettre un suicide. Ce décret ne strait jamais pro- << post'i, il ne paraîtrait jamais, mais la Chambre ferait un coup << d'Etat petrlementafre, pour se transformer ainsi sans peine « d'un corps qui propose les lois en un corps qui les impose». En un mot, sans parler de beaucoup d'autres considérations trop longues à reproduire ici, Rittinghauscn craignait que chez tout peuple moins expérimenté en politique que le peuple suisse, la Chambre ne parvienne à escamoter bien vite le« Referendum et l'Initiative » comme la Convention escamota la Constitution, bien moins gênante pour elle, de li93. Encore ne faut-il pas oublier que le système représentatif était parvenu, même en Suisse. à abolir presque complètement les Landsgemeinden, ce dernier ve':ltige des vieilles libert.és germaniques (1). Peu de temps après l'introduction de la Législation directe à Zürich, Rittiughausen publiait dans le Landbote de Winterthur une série d'articles pour engager les autres cantons à imiter (1) Zug perdit sa Landsgemeinde Je 1ï janvier 181,8, Schwytz Je 18 février 1818, Vaud le 10 janvier ·181,8, ttc.
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