MAURICE Rl1'TIXGHAl:flEX JÏÎ parait si abstrait. si compliqué dans les grands Elats modprnes. Cc fut le 8 septembre 1850 que parut dans 1A1 D1:111ormfi1• Pr1n/irp11' le premier de ces trois articles intitulés: << La Législation directe par le Peuple, ou La Yéritablc Démocratie», qui eurent alors un si grand retentis emrnt par toute la France. Rittinghausen aimait à raconter comment, ayant compris l'absolue nécessité de convertir un des chefs de la démocratie française à ses idées, la haute opinion qu'il s·élait faite du noble caractère, de l'e prit el du talent dC'Yictor Considérant, le chef des Fouriéristl'S, lui avait donné la conYiction que c'était lui et nu I autre qu'il parviendrait à convaincre. Son attente ne fut pa-; trompée. Yiclor Considérant, dans sa brochure !,a Sol11tio11 tJI1 /1• Go111·1·r111'1111'1dili,·1•1·/ dll P1•11pli•. raconte la chose comme suit: Chapitre XXX, page 60. (< L'idée de l'application actuelle du gou,·ernC'ment direct (< Yient de l'Allemagne. Je le confpsse C'n tonlC' humililt\ biC'n ,c que le gou,·ernement par le vole de tous, soit la fornw même " du gouvernement dans le sysU.•mesociélaire, jC' n'avais jamais « eu l'esprit de spéculer un 111omenstur l'applic;alion itctuelle de <( ce mode de faire. C'est as uniment fort sot ù, nous autres « phalanstériens de n'avoir pas compris plus tùt que l"esprit (( moderne, qui s·est entêté depuis un siècle ël la solution <lu « problème politiq11e, du probli•me du pournir, ne s·arn\terait " pas dans cette voie avant <l'èfre au bout. Depuis la Révol 11tio11 " de FéHier, cetle inad,·C'rlance est impardonnable. Jïrai plus " loin dans rues aveux. Quand Rillinghausen 111·aparlé dC' la ,c Législation direct'-' et immédiate, aYeuglé encore par le préjugt'• « commun, persuadé que CCd' ernier terme ne poumit ètre atLeint « que dans un monde réorganisé et régénéré par l'association, •< je la repoussai qul'lque temps. Cependant j'admis tont de suite <( qu'une parl'ille idée deYait l'ire prise en considt'.•ration, publiée (< et discutée. Je lui offris la publicité dont disposaient mes amis « de La Démocmtil' Par·(fi11/11'. La suspension judlciaire de notre « journal retarda de trois mois la publication, ruais dt'.·jà la « réflexion m'avait conYaincu comme elle convaincra facilement ,c tous les démocrates siôicères. Discutée seulement jusqu'ici •< dans un club de Cologne, voilà donc l'idée du gouvernement « direct du peuple livrée à la discussion de la démocratie de << l'ancien et du nouveau continent.)) Si les autres chefs de la démocratie française s·étaient laissé convaincre comme Considérant, peut-être l'idée de la législation directe qui est susceptible d'électriser les masseseùt-elle épargné à la France:te,second empire et tous les malheurs qui l'ont sui Yi, 37
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