La Revue socialiste - 1893 - Tome XVII - vol 01

• 572 LA REVUE SOCIALISTE l'héritière du duché de Bretagne. Mais le comte de Montfort lui disputa CC'théritage rwff l'aidP dPs Anvtai.~ et suscita par là, la guerre de Bretagne, qui constitue l'époque la plus brillante de la chevalerie française. Las d'un combat qui durait depuis 23 ans avec cles fortunes diverses, les deux adversaires se rencontrèrent à Anray (2\l septembre 13G1) bien décidés à vaincre ou à mourir. Charles de Blois y trouva la mort des braves. Son fils et ses petits-fils continuèrent la lutte (1120); ils parvinrent à s'emparer de la pel'sonne du duc régnant de Bretagne, mais celui-ci fut délivré, les de Blois vaincus complèfement, et dépouillés de tous leurs biens, que _teduc partagea entre ses partisans. 2G grands fiefs leur appartenant, furent distribués aux familles de Rieulx, de Yivone, de la :)!arche, de Chateaubriand, de Kéro11sère, de Plouwara, et les trois frères du duc, et 11.2familles nobles s'enrichirent de leurs dépouilles. Ces familles conclurent entre clics un traité, par lequel elles s'engageaient à s·assurer mutuc>llement leur butin, et à ne jamais pcrmeLtre à un de>Blois de revoir le sol de ses ancêtres. Ou trouve parmi les signataires plusieu r.3Rohan, Guéménée, La val. Pendant que ces évènements tragiques consommaient la ruine de la bl'anche cadeUe, la main du malheur s'appesantissait aussi lourdement sur la branche ainée. Le frère de Charles de Blois, Louis, comte de Blois, de Chartres et de Dunois, était resté à Crécy (27 octobre 1316). Il avait laissé trois fils, Louis, Jean et Guy. Lo:.iis étant mort sans enfants, laissa toutes les possessions de sa maison à son frère Jean. Celui-ci vivait pl'esque toujours dans ses fiefs des Pays-Bas, où il avait épousé une de ses parnntes, Sophie de Daelen, de la maison d'Arbel, dont il eùt deux fils, Jean et Guy de Blois. Un peu plus tard il entra en conflit avec l'évêque d'Utrecht, et celui-ci prétc>ndil alors que le mariage de Jean, qn'it amit ,.,;lébré l11i-mêmP, n'était pas valable pour cause de parenté; il mena la chose avec tant d'acharnement, que le pape ordonna au comte de quitter sa femme et ses enfants, et Je frappa d'excommunication quand il refusa d'obéir. La comtesse mourut bientôt apres de chagrin, et Jean dont l'excommunication avait été levée, épousa une duchesse de Geldern, mais il ne tarda pas à rejoindre sa première femme dans la tombe. Son frère Guy s'empara alors du comté de Blois, sous prétexte que ses jeunes neveux n'étaient pas né:, en mariage légitime. Cette usurpation lui réussit avec l'aide du roi Charles Y[ ou plutôt (puisque le roi était fou), de l'entourage de celui-ci, lequel poursuivait par là un but intéressé. Guy était sans

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