La Revue socialiste - 1893 - Tome XVII - vol 01

511 LA REVUE SOCIALISTE naie légale, argent comptant, pour tout le travail de la semaine précédente, et de garantir aux ouvriers et journaliers le premier gage ou hypothèque sur le produit de leur travail pour le montant entier de leurs salaires. )> Le paiement au mois et même à la quinzaine est très onéreux pour l'ouvrier; il le met dans l'obligation d'acheter à crédit et par là même de payer plus cher les denrées: rien ne serait donc plus juste que de diminuer les charges de l'ouvrier et de lui faciliter les moyens d'acheter comptant. Il nous semble ainsi très raisonnable quo, si le patron fait de mauvaises affaires, l'ouvrier soit le premier payé, car il n'y a pas de dette plus sacrée que la sienne, ol la loi américaine ne lui donne pas, comme la loi française, la, préférence sur les autres créanciers . ..f.r/ ic/1' 9. - « L'abolition de tout syi=;tème de contrat à forfait pour les travaux nationaux, provinciaux ou communaux.>> J'extrais dt> la brochure de hl. Lépine, l'explication de cet article : « L'Etat doit à tous les contribuables une égale protection. Il leur doit à tous une juste part dans le bénéfice des entreprises faileR au nom de cet Etat, comme chacun accepte sa part des sacrifices imposés au nom de l'Etat. Or, pa1· le système de contrat, l'ouvrier se trouve dépouillé des bénéfices auxquels il a droit dans une entreprise donnée par l'Etat, il Re trouve aussi indirectement obligé de contribuer par le paiement de taxes plus élevées, à des travaux qui reviennent certainement plus cher au gouvernement que si ce dernier les avait confiés aux ouvriers sous la direction de contre-maîtres. Supprimez le ,:ystème de contrat à forfait, et la libre concurrence du travail abaissera nécessairement les prix dans l'exécution des travaux, tout en augmentant les gages des ouYriers. >> Artirft, 10. - « Le passage des lois établissant un système d'arbitrage entre patrons et employés et donnant force de loi aux décisions des arbitreA. >> :'.'fous abordons là une des revendications qui tient le plus aux cœurs des Cht>valier.; du Travail et qui mérite les sympathies uni ve1·selles.Quelle réforme, en effet, serait plus profitable? Les ouvriers du Nouveau-)fonde n'ont pas un tribunal de prud'hommes comme nous en avons en France; ils réclament énergiquement des arbitres dont les décisions feraient foi. On ne peut raisonnablement repousser cette demande, car· il est incontestable que les juges civils ne sont pas aptes à juger les contestations entre ouvriers et patrons; d'autre part aux yeux des deux parties

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