La Revue socialiste - 1893 - Tome XVII - vol 01

538 LA REVUE SOCIALISTE LESCHE!VLIERSDUTRAVAIL (Suite et fin) Le vote ensuite a lieu; suivant le résultat, le candidat est admis à la séance Auivante dans la salle ou après l'avoir présenté aux Officiers, on lui lit la constitution, la déclaration de principes, les de\'Oirs d'un bon Chevalier. Ceci terminé, il prête serment qu'il rt>specterala constitution, qu'il aidera ses frères (on s'appelle frères entre affiliés) et qu'il ne divulguera pas ce qui se passe dans les af<semblées.réserve faite pour son confesseur. Le cérémonial, comme on le voit, n'est guère compliqué; il est à peu de chose près, le même pour les autres assemblées. Quant aux délibérations, elles restent absolument secrètes; les membres, en général, respectent aveuglément leur serment. Cette discrétion est très surprenante quand on songe que l'ordre compte plus de six cent mille affiliés. On s'est posé assez longtemps sans pouvoir la résoudre, la question de savoir si les Chevaliers avaient entre eux un signe de reconnaissance. Pendant un certain temps on a cru, que le petit emblème, en bronze, grand comme une pièce de vingt sous, que certains d'eux portaient à leur boutonnière devait être considéré comme une marque <le ralliement. Il est avéré actuellement que ce signe est une pure question de fantaisie et qu'il n'est nullement approuvé par la constitution. Les Chevaliers ont entre eux pour se reconnaître un langage mystérieux qu'ils changent du reste assez souvent. C'est ainsi que le dernier signe consistait à prendre le poignet de sa manchette et à la plier sur son habit. Si l'interlocuteur consentait à être reconnu, il passait deux doigts, l'index et le médium sur son front.

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