LE DROIT LE DROIT La justice sociale est née du ùesoin cle vengeance, et ce beHoin a été peu à peu limité pour les particuliers, à mesure que la C'Ollectivité d'abord, le prince ensuite, réclamaient pour eux seuls le droit de punir. - Le mot «Droit)) Jus, ,·icnt de J11ss11111, car aux ,·ieilles idées de talion, de la balance des torts et des compensations s'est peu à peu substituée la notion monarchique d'une grâce juridique venant d'en haut, c'est-à-dire des trônes. Et comme partout ce sont préeisément les prncé(lés judiciaires qui se modifient avec la plus extrême lenteur, nous sommes toujours sous l'opp1·ession des aberrations émanant, les unes des légistes, les autres du trône ou de la rage bigote de l'autel. - Le très imparfait instinct de juatice yui existe aujourd'hui dans le cerveau de la plupart des hommes un peu cultivés, n'est qu'un résultat de la vie cles ancêtres, une lente et pénible acquisition, la transformation psychique, l'idéalisation du be~oin de vengeance. Bi·ef, le sentiment de justice chez l'homme, primate perfectionné it ce point. qu'il est le seul animal juridique, le sentiment humain de justice n'est que l'écho héréditaire de tons les actes d'oppression subis par les ancêtres et du courroux qu'ils ont éveillé. Voilà tracé, en une mosaïque de phrases, le fil conducteur qui a guidé le docteur Letonrneau à travers son intéressante exploration mondiale de toutes les phases de l'Erolutionj11ridique dr111s lf'.~d~uerses races humaines. Mais ce livre n'est q ne l'étude otlrnographique de l'évolution du D1·oit. Dans la suite de cet essai bibliographique sur les prolégomènes de la science du droit, nous ne remonterons pas, cela nous entraînerait trop loin, à des comparaisons théoriques et pratiquef! 33
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