REVUE DES LIVRES 507 REVUEDES LIVRES Traité du droit naturel théorique et appliqué, par Tancrède Rothe - docteur en droit. - Tome second : Du Mariage, 1893. - Chez Larose et Force!, 22, rue Soufflot, et Lecoffre, 90, rue Bonaparte, Paris. Ce traité du mariage est écrit par un professeur aux Facultés catholiques de Lille, et se base en grande partie sur les principes !'mis par la législation canonique. li y aumit !i discuter point par point cc traité, matière à un volume égal eo épaisseu1· (638 pages) à l'œuvre de i\1. Tancrède Rothe. l;ne réfutation en règle ne serait pas inutile d'ailleurs, elle pourrait sans doute servir à édifle1· le vrai di-oit naturel, celui que n'enseignent ni les Facultés catholiques, ni les Facultés nationales. Mais il paraitra sans doute intéressant à nos lecteu1·s de connait1·e l'opinion de M. Tancrède Rothe sur la théorie de Malthus. - Il en a fait l'objet d'une section spéciale (XI de son traité). La théorie malthusienne est fort peu connue, bi~n qu'il y soit fait souvent allusion. - Malthus s'est proposé dans son Essai de résoudre ces deux questions: Quelle est la principale cause de la pauvreté, quel est le meilleur moyen de combattre celle-ci. En ce qui concerne le premier point, l'économiste a cru pouvoir formulet· une loi, celle qui porte son nom. « Nous pouvons, dit-il, tenir pour certain que lorsque la population n'est arrêtée pai' aucun obstacle, elle va doublant tous les vingt-cinq ans, et croit de période en période, selon une progression géométrique. » Et d'autre part. « les moyens de subsistance ne peuvent jamais augmenter plus rapidement que selon une progression arithmétique. » Telle est, selon Malthus, la cause véritable et permanente de la pauvreté. Pour le meilleur moyen de la combattre, il indique qu'il y aurait avantage à obtenir la population requise pour un pays « au moyen du moindre non1bre possible de naissances. " l\lais il ne conseille pas d'arriver à ce 1·ésultat par des procédés illicite~ mêmes, il ne recommande à aucune personne mal'Îée ùe limiter le nombre de ses enfants. JI déclare cette réduction des naissances obligatoire ~ependant, en s'appuyant sur deux autres lois. 1• C'est un devoir pour une pcrsonn~ de ne point se marier avant d'ètre en état de suffire avec son conjoint atn besoins d'une famille assez nombreuse.
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