La Revue socialiste - 1893 - Tome XVII - vol 01

REVUE DE LA PRESSE ÉTRANGÈRE 48!) REVUDEELAPRESSÉETRANGÈRE Les journaux anglais, le Times, le Da1°1yKe1l's, le Dai/y 'J.'(,{pgrrtph ont reproduit avec de longs commentaires les séances sensationnelles de la Chambre des Communes, le grand match de Gladstone et de Balfour. M. Gladstone est l'homme du « homerule, » mais c'est aussi un « libéral » endurci doublé d'un (< scholar. » Il veut bien, sur la fin de sa carrière, attacher son nom à la création d'une nationalité nouvelle : la nationalité irlandaise ; mais il tient à sauvegarder l'honneur des antiques maximes gouvernementales, et la suprématie anglaise. Plus simplement en même temps qu'il défend avec l'énergie croissante de la vieillesse le principe d'une Irlande maîtresse de ses destinées, il a de la peine à comprendre l'agitation des masses que sa politique encourage en somme. Le but lui apparaît comme très net et il a contribué plus que tout autre à le préciser. Les moyens flottent devant ses yeux de « libéral » et de cc scholar ». Il faut, en effet, en revenir à ces deux caractéristiques de la carrière, à ces deux traits du tempérament politique de ?ILGladstone : une grande science des nécessités politiques « in abstracts », une extrême ignorance des passions et des intérêts qui s'agitent autour de son « home-rule ». D'où son étonnement de se voir attaqué par des « Irlandais ». Un vote de blâme avait été proposé et soutenu par M. Balfour. La Chambre a repoussé le blâme. M. Gladstone, après une longue lutt~, est sorti vainqueur. Pour l'occasion, il ava)t arboré, à sa boutonnière la G: rose jaune », qu'il remplaç~ modestement après son triomphe, par le« bouquet de violettes. » • • •

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