482 LA REVUE SOCIALISTE ger! Certes, un théàtre qui s'emparera de pareils éléments, aura des chances de succès, à condition toutefois qu'il n'empiète pas sur les droits de la tribune. Le théàtre a sans doute le pouvoir d'instruire, mais il a le devoir de plaire et le droit d'amuser, s'il veut être entendu. Les pièces d'Aristophane ont survécu à leur époque, parce qu'elles ètaient merveilleusement écrites; et non pas parce qu'elles sel'- vaient de champs de bataille aux rhéteurs Athéniens. Actuellement, les réunions publiques, la presse ont remplacé ce théàtretribune. Et cela vaut mieux, parce que la parole directe arrive plus sùrement à l'entendement que la parole symbolisée. Lais-. sons donc à l'œuvre théâtrale son beau nom d'art drwnatigur ou lyrique. Lai:;sons-la chanter ou pleurer dans sa sphère spéciale, qui est large, humanitaire et sans parti-pris. Les sympathies du public vont droit à l'art pur qui ne sert aucun intérêt privé. A la tribune, le peuple apprendra quels sont ses droits; au théâtre, il apprendra à aimer l'art qui le fait sympathiser avec toute la nature. GERVAISE.
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