LA QUESTIO~ SOCIALE DEVANT LES CORPS ÉL"CS 477 LAQUESTIOSNOCIALE DEVAl'iT LES CORPS ÉLUS Décidément uotre ami Jaurès est infatigable. Sur la plupart des questions importantes le vaillant député socialiste viPnt exposer les doctrines de son parti avec son talent habituel et sa chaleur entrainante. Le 28 février 1893, Jaurès a interpellé le gouvernement sur l'attitude du gouvernement à propos de la grève de Rive-deGier. Cette grève a été provoquée par le renvoi d'un ouvrier nommé Gagnat, au milieu de circonstances particulièrement odieuses. Désigné par les patrons eux-mèmes, les frères Marre!, pour venir s'entretenir avec eux au sujet d'un différend quelconque, Gagnat se rend sans défiance dans le cabinet de ces messieurs. A peine arrivé et ·sans vouloir l'entendre au sujet des réclamations qu'il était chargé de transmettre, on lui signifie son exclusion de l'usine. Il est vrai que Gagnat, excellent ouvrier et homme très intelligent, faisait partie du Syndicat et avait acquis une légitime influence sur l'esprit de ses camarades. Cet espè0e de guet-apens, qtü a été blàmé par tout le monde, par les chefs d'usine de Rive-de-Gier et par M. Ribot lui-même, président du Conseil, fut la cause première de la grève. Vous vous imaginez sans doute que le gouvernement aura employé les moyens puissants dont il dispose pour amener MM. Marre! à une conduite plus correcte et à un respect moins douteux de la loi sur les Syndicats. Erreur. complète! Les frères Marre!, fournisseurs de la marine, et par conséquent de l'Etat, dont ils dépenaent dans une large mesure, doivent exécuter certains tr:tvoux à date fixe. Ils sont donc jusqu'à un certain point dans la main du gouvernement. Le gouvernement n'a pas manqué d'agir, mais c'est en faveur des violateurs de la loi de 1884, en faveur des _coupablescontre les ouvriers qu'il a agi.
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==