La Revue socialiste - 1893 - Tome XVII - vol 01

' • LA REVUE SOCIALISTE du château. Amalgame inouï de voix aigres, d'acnilés de faussets, de timbres ruiles. C'est un écrasement. Les vieillanh; se rangent,par prud('nce. L'estrade broyée à des cr-a4uements sonrds. C'est le ;;;ernwnt qu'on réclame, et rien (lue cola, c'est la formule de cet acte que Hailly, redescendu, fait signe qu'on rédige. Il n'y a plm, de parti,s, tous sont mûs par le même désir d'union, d'union ausHi inclestn1<:tihll' que Rent irréfrag-.ible leur parole jurée. Les secrétaireHmaintiennent les écritoires, dont une partie du contenu s'est ré>pancltw, noie le fouillis des paperasses. Les bancs, renversés, pouHsc'.·se,mpC:·trésl'un dans l'autre raflent les jamheH. les garçons r,1mi•1wnt1·1•r,;l\•ntrée le fauteuil à porteurs où s'est recouché le députii nH>rihoncl.Des voix se chuchotent le nom de celui-ci. On i•toum•, bien 11ue le vent Houme par leHouverts, sou levant et chai;- .-;ant Il'" ffü•b. Et la clameur redouble, l'enserrement s'accentue: autour de Hailly et de :'llounier gronde un tumulte d'apothémw. ("est un affoll·ment d'allc'.•gresseet de hâte, qui met des joues en feu, qui fait pùlir des 11'.!vresq,ui arrache d(•s larmes, et dans cet cnfraî1wnw11t ftni1•ux on sent !'{•perdu désir qui travaille ce8 hommes, 1111 dt'•~i1·<lïnfinie étreinte, d'unih~ parfaite, un dl'.•tiir fou <l'impossihl,·,ab:-1orplion de tous Pn un Heu!,pour le plus grand bien du ,,alut puhlic et la régénération de la patrie.» « - L1•st·rrn,•nt ! Ll' serment !... " X\,st-c,• pai-; c•p]a une page Yrainl<'nt admirable~ Elle n'est paR 11ni1JtH'dans l'œuvre d'Adolphe Tabarant, mais le serait-elle, ,1u'cll1• sullirait à mettre l'auteur de l'A11IH• ,lans une cn,·iablt• posrnn• litti•raire. - " Et maintenant Bailly prononce d'une voix sonore, éclatal)tP, cxlr'i•uH•m(•nt1listincte, si distincte, éclatante et sonore qu,• tontP la l'lll' Haint-Fr-an~·ois n'en doit pas perdre un seul mot : ◄1 Xous jurons de ne jamais nous séparer de l'ARHPrnblée Nationall· 1•t dl' 11ouHréunir partout où les circonstances l'exi!{eront, jrn,q11'i1, CP qtw la Constitution du 1·oyaume soit établie et affermie sur 1lt•sfondPmenb, solides ..... » D,• toutPH le:-1bouches s'élunce un cri grandiose : « Xous jurons'. ,, L1•ssix cents bras se sont levés, tc•1ulnscomme par un n~~;;ort dans la direction du préHident, une forêt de br-.isrigides surgi,;sant i•np1•gi1p1emcntde tous ces corps qui He penchent ; « Xou., juron,s ! Xous jurons! >> Les mains se cherchent. Les trois prêt1·c•H,côtc ;"i ,·ôte, le visage illuminé d'une joie apostolique, ont une t.,nsion de ll1'asd1' prédicateurs tenant un Christ. )founier pleure, Targ..t plenn', Barnave pleure,et :\Iirabeau tout près ile la table, et lt• père Gérar<l an côt<'•du fauteuil où le député en serre-tête, clrel!i!Ε :nr Rt c:ouclw, soutenu par les porteurs, jure aussi, tend un br-.isd1• Hc1uelelte, s'immobilise en une pose glacée d'outre-tombe.« Nom,

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