La Revue socialiste - 1893 - Tome XVII - vol 01

LE SOCIALISME E'r L'ART 455 langage du peuple d'alors, mais l'érudition n'est point si.•cheni pédante. La vie co1·porative, les souffrances ouvrières, les inquiétudes de la bourgeoisie, les espoirs de Paris las de l'iniquité monarchique, la fièvre, la colère, l'enthousiasme de la France, mille traits de mœurs revivent d'une façon merveilleuse dans l'œuvre d'Adolphe 'l'abarant, dont l'écriture précise, nerYeuse, agile et bousculée se prête singulièrement d'ailleurs it celte résurrection. C'est lit de la vmie iittérature historique. Indiquée par la Catherillf' de Jfédicis de Balzac, formulée plus nettement par la Salammùo de Gustave Flaubert, la réhabilitation du roman histo1·ique est heureusement poursuivie par l'école moderne. La récente Débrîrle de Zola, les romans de Jean Lombard, !'Agonie, Byzance sont autant de preuves que l'on peut san1:1altérer la vérité, sans donner dans l'invraisemblable,produire des œu vres d'un puissant attrait et d'une intense coloration . .i: ous rappelions récemment dans la Revue .lfoder11e, le plan original de Jean Lombard, voulant conRacrer une œuvre spéciale it chaque période culminante de l'histoire de la démocratie ; l'œuvre d'Adolphe Tabarant procède d'une idée analogue. On estimera sans doute comme nous, que par la nleur et l'intérêt de telles études d'ensemble laissent loin derrière elles, non seulement les pseudo-historiques romans de cape et d'épée qui ne firent que trop les délices d'une ou deux générations, mais même et surtout, les prétendues psychologies de quelques écrivains à la mode. Le roman historique comme le comp1·end l'école moderne, sera une des formules les plus heureuses de l'art socialiste. L'analyse de l'Aube, prouvera aux lecteurs de la Revu,e Socialislt', nous y comptons, qu'un tel espoir peut être exprimé sans crainte d'une contradiction. « Debout sur le seuil du cabaret de la Grand'Pinte, maître Lhenry Ya partir, indique du doigt l'ombre immense de la Bastille no:yant les premières maisons du faubourg.» - « Venez-y voir, s'il n'est pas trois heures. V'là qu'elle est chez Cornichon, foutre bleu ! Sacrés coïons de la Mecque. Hein ? Vous direz pas qu'elle avance la Bastille. Dame, à trois heures «sonnantes» l'ombre est à l'allée du vieux Bourru. Elle est plus sûre que tous les horlogers de Paris, c'te gueuse d'horlogère du diable. 1> C'est ainsi que débute le roman, fixant du coup l'époque et le décor dans lequel ,a s'agiter le drame. Ils sont à la Grand'Pinte quelques bons amis, Fléchartle garde

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