450 LA REVUE SOCIALISTE Dans les FlamlreH, l'enquête n'a porté que sur deux villes : Gand et Courtray. En un mot, tous les documents recueillis s'appliquent à des centres industriels où les ouvriers, plus ou moins organisés, sont pan·enus, à force <le réclamation, ;\ obtenir l'établissement d'un Conseil de l'industrie. En revanche, nous n'obtenons aucun renHeignement sur la condition des plus misérables, de ceux qui, relégués dans ces petites villes où l'exploitation est plus grande 11uepartout ailleurs, souffrent sanfj se plaindre, parc<' qu'ils n'ont mên1!' pas la force de proteHter. Et cependant cc sont ces résnltats partiels que l'on invoqu<', avec une sérénité> imperturbable, pour affirmer que la situation de notre prolé>tariat s'est considérablement améliorée 1lepuiH un dcmi-Hièclc. C'C'HLainsi, notamment, que M. Bl'rnaert, au début de la 1liscussion n\\'iHionniHte et ~L de Bruyn, dans Hon discours 1l'installation an Conseil supériem· de l'industrie, ont pris texte cle l'C'nquHe en 1H!l2,pou1· déclarer que les salaireH ont plus que 1louhlé, pendant Cl'H cin11uante dernières années. Dans une rl•cente brochure, publiée par )1. ,Julien, nous rel rou vons les m(•mes argument,;, mais dans une forme plus scienl ifi<1ue, et avec des données beaucoup plus comJ)lètes. 11compan' les chiffreH de H\!ll it ceux de la Htatistiquo industrielle de JH-!li,et le,, bu1lgets recu<•illis p,fr lei, Conseils du tp1nil à ceux qui ont é•té pu hl i(;S en lHii:I, par Ducp{·tiaux. La conclusion de cette ,-;arnnte {•tude, c\•st que, non seulement le salaire nominal, mais encore lt• Halairc r<'.•ela, HensiblcmC'nt augm<'nté et que l'alimentation <le la classe ouvribrc est dc\·enue beaucoup plui'! substantielle. ' ('('[a est-il exact? Xous ne contestons pm:;qu'il y ait do fortes présomptions en ce sens, mais œ que nom; contestons, d'une manii•rp formelle, c'C'st qm' les documents statistiques Rur leK<ptels on se fonde, sulJiHl•Jlt à l'l'lahlir. ~I. .Julien compare tout d'ahor<l les donn{•es de lH!ll à (•t•lles de JHlti, pour 2-1 eatégoriPs <l'ouvrier,; de métier it Bruxelles. L'augmentation tles salaires esl évide11te, mais il imporll' d(' remarquer : I" Que l'annPe JHlli est une année ck forte crise et que la rémun<'.•1·ationdu tr<tvail était plu;; é>levéequinze ans auparavant. 2" Que les métiers hruxellois qui souffrent actuellement le plus - eigarien;, tailleur,,;, cordonnierR, etc. - ne Ront pas compris d;ini; la 1,tatistique. :1° Qne 1"011 compare le i:;alaire moyen <le l'a 1111h• 18-!ti au ·~alaire moyen du 1,wi.~ d'anil 1891. Le résultat serait bien différent si l'on avait établi la moyenne de cette ùerniùrc année, en tenant compte des mois do morte saison.
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