RÉSUMÉ DE LA DOCTRISE SAIST-srnosrnssE 421 condamné à une mort inévitable, est conservé par son vainqueur pour de,·enir entre ses mains un instrument de production. L'exploitation alors embrasse la vie 111atùif'llt', i1itl'l{f'1·/11l'II!' et 11w1Yill' de l'homme qui la subit. L'esclaYe est placé en dehors de l'humanité; il appartient à son maitre, comme les terres que celui-ci possède, comme son bétail, son mobilier; il est sa clwsr' au mèmc titre. L"esclave nC'possède aucun droit, pa mèmecC'lui de vine: le maitre peut disposer de ses jours; il peut le mutiler ù son gré, pour rapproprier aux fonctions auxquelles il le destine. L'esclave n'est pas seulement condamné à la misère, aux souffrances physiquE>s; il l'est encore à l"abrutissement intellectuel et moral; il n'a point de nom, point dC' famille, point de propriété, point de liens d"affection, point dr rrlation reconnue a,·ec l'homme ou avec les dieux; car l'esclave n·a point de dieux, il n'y en a que pour le maitre. Enfin, il ne peut jamais prétendre à acquérir aucun des biens qni lui sont rcfusi•s, ni mème à s'en rapprocher. Telle est la servi Lude à son origine. Dans la suite, la condition de l'esclave devient moins rigoureuse: le législateur intervient dans ses rapports avec son nrn.ilre. Peu à peu il cesse d'être une matière passive; on lui accorde une légère part du profit de ses propres travaux; des lois donnent quelques garanties à son existence. Cc n'est que fort lard qu'il peut prétendre, par l'affranchissement, év(,ncmrnt toujours rare et t'xceptionnel, à faire un pas vers la société ciYile et religieuse, à introduire leutement sa race dans l'humanité, sans qu'elle cesse pourtant d'ètre proscrite rt exploitée, tant que l'on peut reconnaitre son origine. Le christianisme, proclamant à la fois l'unité de Dieu et la fraternité humaine, vient changer complètement les relations religieuses et politiques, les rapports de l'homme à Dieu, et des hommes entre eux. Au début de sa domination. il existe bien encore deux classes d'hommes; rune d'elles est bien encore soumise à l'autre; mais la condition de cette classe est sensiblement améliorée. Le serf n'est plu-s, comme resclavc, la propriété directe du maitre; il. n'est attaché qu'à la glèbe, et ne peut en ètre séparé : il recueille une portion de son travail; il a une famille; son existence est protégée par la loi 'civile, et bien plus encore par la loi religieuse. La vie morale de l'esclave n'a rien de commun avec celle de son maître; le seigneur et le serf ont le mème Dieu, la même croyarrnc, et reçoivent le même enseignement religieux; les mêmes secours spirituels leur sont donnés par le ministre des autels; l'àmc du serf n'est pas moins précieuse aux yeux de !'Etre suprême que celle du seigneur; ~Ile l'est davantage; car, selon l'Evangile, le pauvre est l'élu de
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