La Revue socialiste - 1893 - Tome XVII - vol 01

LA RÈVOLCTIO:S DE DEMAIX temps de son activité, et son existence matérielle, en temps de chômage ou de maladie, et au jour de la retraite. Mais l'abolition de la guerre n'est possible qu'en vertu d'un accord international, et en conséquence, d'un désarmement général et simultané. Or, tant que le régime politique et le régime économique des diverses nations européennes (tout au moins des sept grands Etats : France, Allemagne, Autriche, Russie, Angleterre, Italie, Espagne) ne sera pas unifié, c'est-à-dire jusqu'à ce que ces Etats aient tous adopté la forme républicaine qui, seule, permet une fédération réelle de peuples; et jusqu'à ce qu'ils aient tous adopté les mêmes règles économiques quant à la propriété, quant à l'échange, quant à !"organisation Ju travail, quant à la limitation minima des salaires, ce qui, supprimant les rivalités et les concurrences individuelles et nationales, élimine la cause essentielle, génératrice de toutes les guerres; - jusque là, il serait chimérique d'espérer que sur l'initiative de tel ou tel gouvernement, fût-ce un gouvernement révolutionnaire, les gouvernements européens, s'étant réunis, conviendront de désarmer tous ensemble. Il serait surtout chimérique - et périlleux - de croire que si, par extraordinaire ils faisaient cet accord, tous l'exécuteraient avec la même bonne foi. Quant à la réforme de l'impôt, certes, elle pourrait être réalisée bien plus aisément. Elle ne dépend pas, en effet, d'un concert préalable entre les nations; elle n'implique aucun péril pour la sécnrité ni pour l'existence du pays. Elle est, au contraire, réclamée par l'immense majorité, sinon par l'unanimité des contribuables. Et il suffirait, pour l'accomplir, -que les mandataires élus par ces mêmes contribuables voulussent bien la voter, et que, de ces mandataires, les délégués au pouvoi1· voulussent bien l'exécuter. Or, depuis tantôt vingt-cin'l ans, la réforme de l'impôt est à l'ordre du jour de toutes les législatures qui se sont succédé chez nous. Pendant tout le dernier quart de ce siècle, elle a été discutée à satiété, dans la presse, à la tribune, dans les livres d'économie politique ; elle a donné lieu à une foule de projets qui, tous, ont kté renvoyés à des commissions spéciales, étudiés (plus ou moins), classés, - et finalement enterrés dans les catacombes parlementaires. (1) {l) S'il m'est permis de cite1· ici un exemple personnel. jo dirai _q~e j'ai -déposé, le 21 jutihJt 1890, sur le bureau de la Chambre, une propos1tton de réforme générale de l'impôt. D'autres projets ont été déposés depuis. Ils ont tous eu un sort commun. Ils ne sont mème pas sortis des limbes -de la commission chargée de les examiner.

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