La Revue socialiste - 1893 - Tome XVII - vol 01

TACTIQUE SOCIALISTE TACTIQUSOECIALISTE LES PARTIS SOCIALISTES El' LA CO.SCEXTRATIOX RÉPUBLICAIXE 385 ,< Il faut changer la tactique de la guerre tous les dix aus, a dit Bonaparte, si l'on veut conserver quelque supériorité. >> Ce qui est vrai pour la guerre des armées l'est aussi pour la guerr~ des partis. Pour un politicien comme pour un chef d'armée, l'art de disposer les groupes et de les faira évoluer varie avec le temps c:>mme avac les circonstances. Un exemple : :Marcher à l'ennemi en masses profondes est un système condamné, tandis que la guerre de tirailleurs a pris un développament considérable. A mesure qu'on avance, l'initiati,e individuelle prend le dessus sur l'obéissance passive ; la partie tend à se dégager du tout. Une plus grande liberté des mouvements devient la règle. Il n'est pas jusqu'au simple troupier, chez qui on· ne s'applique à éveiller le sentiment de la responsabilité. En politique, les vieilles barbes de la concentration républicüne voudraient nous river éternellement à ce système. Depuis le jour où les républicains de tontes nuances - modérés, radican x, révolutionnaires, socialistes - rangés sous la même bannière, faisaient l'assaut de l'ordre moral, il semble que rien n'ait changé. Parce que pendant une période de combats, telle méthode nous a donné le succès, nous lui avons attribué un pouvoir magique et sommes restés convaincus qu'elle suffirait à tous les événements. Un tel aveuglement pourrait être fatal. Pour avoir oublié un principe, qu'il considérait cependant comme fondamental, Bonaparta a eu son Waterloo. Kous aurions le nôtre si nous n'y prenions garde. 25

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==