380 LA REVUE SOCIALISTE soldats dan~ les corps de troupe et qui a cette occasion sont mis à jour; puis vient la polémiqll'e épique entre le XIX• Siècle et le Petit Joumal, à laquelle ne tardent pas à se mêler le Joui', le Git Blas, le Matin. Chaeun d'eux énumère les procédés de chantage de son concurrent. donne la liste des affaires financières qu'ils ont recommandées, a,·ec le persorrnel des capitalistes intéressés, les pertes éprouvées par le public. A la même date se tient le congrès international des mineurs, qui agite la question de la grève universelle; les discussions. lès résolutions sont brièvement résumées, arec les appréciations qu'elles provoquent dans les journaux, les revues ... Puis Ji y a des tableaux de misères navrantes, révélées par des suicides. Les cadavres des malheureux retrou,·és morts de faim; tandis que. aux mèmes dates. les journaux monda;ns décrivent les opulentes soirées de la baronne de X.. . ou de !a comtesse Y. . . En ce méme mois éclate la scission entre l'Association Catholiquq et l'Œuvre des Cel'cles Uatholiques. A ce propos s'accusent les divergences de vue sur l'interprétation a donner à l'enc~•clique. les évêques polémiquent entre eux, les uns consentent à se rallier a la République, d'autres ripostent; ceux-ci suirnnt M. de ;\lun, ceux-là considèrent son intervention dans les questions sociales comme dangereuse; quelques membres du clergé. l'abbé Garnier et autres, entreprennent une campagne de conférertces pseudo-socialistes. Ces dissentions intestines, la tenue du congrès des mineurs mettent le socialisme à l'ordre cl u jour de la presse et des revues ; des jeunes quittent le sentier battu des analyses phsychologiques ou des tableaux de réalistes. et imprègnent leur œuvre des difficultés sociales de l'heure présente. :.1. Hamon note tout cela, les articles qui paraissent u11peu partout sur ce point. sans compter les préparatifs du Jec mai qui se font ... etc., etc. li a fallu une somme de travail énormè. pour classer ces milliers d'incidents, les résumer assez clairement, pour que chacun se dét>tche de l'ensemble, assez brièvement. pour qu'ils trouvent place dans le volume imprimé en petit texte compacte: statistiques, crimes, suicides, discours de réunions publiques. fètes, discussions parlementaires, polémiques de presse, rie11n'est oublié, tout y est, avec les sources ou chacun peut aisément se reporter, s'il veut avoir des détails complémentaires. Dans quelques années, cc sera là un répertoire précieux pour qui voudra refaire l'histoire de ce temps. Dès aujourd'hui, il nous fournit un memento annuel du plus grand intérêt, et on ne saurait trop féliciter son auteur de l'aroir entrepris. L'étude de ;\l. Paulhan sur Joseph de Maistl'~ et sa philosophie arnit été composée pour concourir au prix d'éloquence de l'Aaadémie française. Jtlais ce trarnil s'écartait trop des conditions requises par le programme de l'Académie, qui avait sollicité l'envoi d'un discours et non d'un volume. Aussi, :.I. Camille Doucet, le rapporteur attitré de ces sortPs d'atlàires, tout en rendaut hommage à cette œuvrc, disait-il, qu'à raison de ,on <!tendue, elle ne pouvait prétendre au prix académique, décerné à :\li\!. Rocheblave et Revon, auteurs d'études parues, celles du premier dans la Revue Bleue, celle du second dans la Nouvelle Revue. J'avais lu les deux premières, avant celle de :.1. Paulhan. Elles ne manquaient pas d'intérêt. Le discours de M. Revon, surtout, est une page d'hi,toire littéraire remarquable, écrite dans une forme incontestablement supérieure à la facture de 1\1. Paulhan. l\lais si l\L\I. Rocheblave et Revon ont bien campé la figure un peu oubliée aujourd'hui de Joseph de .'.\1aistre, s'ils ont mis en un relief saisissant les qualités de style de cet écrirnin à qui, il manqua peu de choses pour devenir un des maitres de notre langue, l\l. Paulhan, lui, a visé plus haut. Il a voulu nous donner une reconstructi(ln du système philosophique de .Maistre, vu à traver·s les idées de la génération actuelle, signaler, arnc l'unité de sa doctrine, sa profondeur de pensées et nouMmontrer l'originalité d'un système qu'on ne pou,·ait juger impartialement à l'époque où de ;\laistre l'édifiait.
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