La Revue socialiste - 1893 - Tome XVII - vol 01

3i6 LA REVUE SOCIALISTE REVUEDES LIVRES Les complicités du Pa.na.ma. - Page d'histoire socialecontempomine, par Gustave Rouanet.- Sa,·ine, éditeur.- Prix, 3 fr. 50. Notre cher directeur a cru bon de faire remarquer tout récemment que la Revue Socialiste e~t une des rares publirations périodiques qui n'aient point été plus ou moins salies par l'étalage de la pourriture Panamiste. La plupart des journaux ont touché le prix des dithyrambes qu'ils ont si longtemps chantés en l'honneur du Panama et de ses intègres administrateurs. Les bleus, les blancs, les rouges et les incolores ont bu à la coupe corruptive. Les quotidiens, les hebdomadaires et les mensuels ont sou,·ent stupéfié le public par- le prix éleré auquel ils cotaient leur influence et leur conscience. Ce phénomène attristant, indice certain de la p1·ofonde démoralisation que l'indiridualisme à outrance, conséquence logique de la doctrine de Manchester, et l'accumulation entre quelques mains d'énormes puissauces financières ont prodùit parmi nous, sera peutêtre compensé, aux yeux de quelques-uns, par le spectacle des effods faits depuis 9 ans par la Revue Socialiste, par son directeur, par ses collaborateurs. par ses bienfaiteurs pour créer, concuremment à la presse mercantile et devenue une annexe des plus l,iuches officines. une œuvre de propagande désintéressée et de con,·ictions. :-i'ouscr·oyons pouvoir dire en effet,aujourd'hui que la période des obscures et lassantes difficultés est passée, aujourd"hui que la prospérité a répondu aux efforts de tant d'hommes rnillants, que notre chère Revue a refusé, lors de son début, les avances fallacieuses de je ne sais quels financiers qui offraient de se charger de tous les frais,si on consentait à insérer un simple Bulletin fi.nan.cie,·. Benoit Malon, qui n'entP,nd pas plai,,anterie en la matière a refusé net : La Revue se,·apure ou ne sera pas. L'esµrit de gain est tellement en horreur aux hommes sages qui le dirigent et qui l'administrent que l'on a jusqu'à présent refusé l'insertion même des plus banales réclames commerciales, ce dont les grands et puissants confrères (genre de la Revue des Deux-Jfondes) ne se font pas faute. Les couvertures sont consacrées comme le reste à la propagande des bonnes idées, puisqu'elles ne contiennent rien autre que la mention des journaux et des ounages socialistes. En 1880. une preure éclatante de cette indépendance fut donnée par la plume toujours bien renseignée de notre ami Rouanet. Au moment où le concert payé des acclamations retentissait partout, Rouanet publia un at·ticle remarquable dans lequel pour lapr·emiei·e fois, on révélait la v.irité naie au public en ce qui touclu; à l'entreprise du Panama. On y ravélait crûment les gaspillages des administrateurs, leur incurie, leurs mensonges. A ce moment-là encore. bien des gens auraient fait une fameuse économie, s'ils avaient été des lecteurs de la Revue et s'ils avaient suivi ses conseils. C'est donc Rouanet qui était le mieux à même de tirer les conclusions qui résultent de cette fameuse affaire. Celui qui a eu la clairvoyance et le courage de proclamer la vérité au milieu de l'indifférence de tous, ne fait qu'exercer un droit légitime quand il vient constater que l'évènement lui

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