• REYUE DES/REVUES sistible, que je suis heureux de placer sous les yeux des lecteur:- de la Revue socialiste. Voici comment l'éminent professeur apprécie le désastre ..... Il reste queiques rense.ignements precicux à recueillir. D'abord le jour nouveau jeté sur la théorie de l'harmonie entre les interèts particuliers et l'intérêt général. On admire comment les intérêts de tout un peuple de capitalistes économes, ceux des plus gros industriels, ceux de tous les _journaux dispensateurs de la publicité. ceux de tous les financiers et lanceurs d'affaires, comment tous ces intérêts. dis-je, orerant chacun pour leur compte, ont abouti, non pas précisement à doter notre planète d'une grande route commerciale nouvelle, mais à ruiner les petits, à enrichir les gros, à faire tomber la rente de cinq points, à discréditer le rêgime parlementaire et a compromettre Je bon renom de la France. Cela est déjà une matiére d'utiles réflexions. En second lieu, nous voyons combien ce moùe nouveau de productio,i industrielle, qui s'appelle la socièté par actions et sur lequel l'école libérale fonde de si grandes espérances, est loin de remplir le rôle qu'on attend de lui, tant au point de vue de la production que de la distribution. Voilà bien le type classique de la sPciété par actions, celui que nous nous plaisons à citer dans les cours et dans les manu~ls ; or, voici les résultats : Au point de vue de la production, nous ,,oyons que sur l,30û millions environ empruntés, 450 millions seulement, guère plus du tiers, on~ été affectés à l'œuvre du percement du Canal proprement dite ; le reste a passé en éludes, travaux accessoires, achat de chemin de fer de Panama, dédits à des entrepreneurs, paiements de fournitures qui n'ont jamais été liHées, frais de publicité et pots-de-vin et surtout distribution d'intérêts pour faire prendre patience aux actionnaires et obligataires; or, comme ou èvalue le travail accompli à la moitié environ du travail total à exécuter, il en résulte que, si cet énorme capital avait été utilement employè, le Canal serait achevé et ouve!'t depuis longtemps. Au point de vue da la répartition. nous ,·oyons que la mobilisation des capitaux, au lieu de • permettre à l'ounier, transformé en capitaliste. de participer aux bienfaits de la grande industrie, autrefois seulement accessible aux petits et g-ros cdpilaux (Molinari), a permis, au contraire, aux gros capitalistes de réaliser tous les profits de l'entreprise et de faire passer ensuite tout le paquet aux mains du peuple, qui n·a ainsi participe qu'aux pertes. Quand la catastrophe du Panam1, a éclaté·, pas une seule de ces 5 ou 6 millions d'actions ou d'obligations, ne restait dans le portefeuille des capitalistes; il y avait beau temps qu'ils s'en étaient debarrassés avec bénéfices; elles n'ctaient qu'entre les mains économes de pauvres gens qui, les uns par patriotisme, les autres par une foi touchante dans le Grand Français, la plupart séduits par les réclames menteuses de la presse (tous les journaux compris, depuis le Temps jusqu'au Chai·ivari, sauf uue honorable exception pour l'Ecc,nomiste Pl'ançais (1), avaient mis la une partie de leur petit avoir ... Nous venons de rendre hommage à la sagacité et au courage de notre (l) La Revue Socialiste proteste énergiquement en ce qui la concerne (contre les assertions de M. Monchicourt). Est-il besoin d'ajouter que la Revue d'Economie Politique, fondée en ll>Sï, peut aussi énergiquement revendiquer pour elle la politique des maitlS nettes. (.Vote de la 1·édaction de la « Revue d'Economie Politique,,),
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