REVUE DES_REYUES :IGJ française, guéri des pronostics financiers, se renfermerait, désormais, dans ses travaux de spéculation et de théorie pures; qu'il se garderait comme du feu de tout conseil en matière d'entrep1·ises. J'ai raconté, en effet, dans les Complicités du Panama. la part actiYe prise par M. de Molinari dans les encouragements que la Compagnie du Canal ne cessait de prodiguer au public. En J88(i, alors que, selon le mot cruel mais juste de M. Leroy-Beau lieu, il suffisait, à défaut de clairvoyance, d'un peu de «caractère», pour éclairer l'opinion sur l'avenir d'une société à la veille de la faillite, le rédacteur en chef du J0URKAL DES Écoxm,nsTES accompagnait M. de Lesseps dans l'Istluue, d'où il adressait au Journrtl dfs Débats des lettres enthousiastes sur la prospérité de l'entreprise. « Que les socialistes, s'écriait-il, réalisent ce que ilL de Lesseps a su faire, et je me fais socialiste ! 11 Les évènements ont démenti brutalement les prévisions !~Tiques de M. de l\Iolinari. On ne comprend donc pas bien le besoin qu'il éprouve de reparler aujourd'hui de cette entreprise, dans des termes de nature à provoquer, comme en 1886, des souscriptions confiantes, si l'affaire de reconstitution qui se poursuit dans certains milieux financiers aboutit aux fins qu'on se propose. Car le temps n'est plus où l'on pouvait proclamer l'impuissance de la presse en matière économique. Il y a huit ans, 1\1. de Molinari relennt un article paru dans le premier numéro <le la Revue Socialiste, se gaussait de moi, parce que j'avais dit que les économistes menaient une campagne contre le relèvement des salaires. En quoi, me disait-il, un économiste peut-il faire hausser ou baisser le prix des choses ? Les dessous du Panama ont montré ce que peut l'assertion imprimée, surtout quand elle est certifiée par la signature d'un homme de l'autorité de notre confrère. Corn- • bien, qui, 1,estés insensibles aux amorces des prospectus, ont cru à la ré1issite du Canal et versé leur argent, défiants jusque-là, sur les espérances ouvertes par l\I. de Molinari à l'entreprise du Panama? La prudence, en ces matières délicates, est donc une obligation, car l'erreur, même de bonne foi, peut entraîner des conséquences graves pour autrui. On a clone le droit de se montrer surpris, quand M. de l\folinari, examinant en 1893, les possibilités de reprendre l'affaire effondrée, qu'il certifiait prospère en 1886, donne avec tant de hâte des conclusions optimistes si peu justifiées. Il affirme, en effet, que l'affaire << paiera )), selon l'expression anglaise; que des capitaux nouveaux, employés à reprendre le percement suspendu pourront être rémunérés amplement et même qu'il sera possible, avec ceux-ci, de sauver peut-être 50 0_'0du capital actuellement engagé. Sur quelles données se base M. de Molinari, pour arnn-
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