J. DE STRADA chute de l'empire français: et, surtout, la Triple-Alliance, cetl<' union bizarre, hybride, et qui serait ridicule si l'avancement de la question sociale n'y était mise en jeu, cette union des peuples les plus ennemis contre d'autres peuples qui, par des aflînités de races, par la connexité des intérèts nombreux, dcvraionl<'•tre alliés et se soutenir fraternellement. Dans le livre, on Yoit poindre tous les évènements des vingt-quatre ann<'.•rsqui viennent dt' s'écouler; leurs causes y sont mentionnées, discutées, anal.rsécs, avec nn tact, une clainoyancc, unr profondeur, qui prouvent avec quelle force Strada sait voir loin, bien et justr. :\fais toutes cc!- causes, brièvement :.ignalées, ces luttes fratricides entre peuples ignorants de leurs desti11!'.•efsutures ou nr voulant pas 1•rendrc le chemin quïls doi vont suivre ponr al Ier à l'avenir, ers dissidences d'idées politiques, ces affirmations do faits aléatoires, ces essais de transformation sociale, ces discussions stfrilis~es par la man-mise fpi et une piètre volonll\ ces principrs fanssl'.•s, ces tourbillonnantes et affolantes attaques entre les principes scil'ntifiques se disputant la supd•matic intcllrct11elle des masses; tout, selon Strada - otje partage son avis - conconrt à l'éclosion plus ou moins prochaine - très prochaine, crois-je - d'.uno vitalité pratique qui doit C•tro et qui est, <lel'avis des plus autorisés sociologues, la ba:-r de la transformation future: la FfmtRATIO:\'. Le titre du li HO dont je m'occupe dit assez que la fédération possible et assurée - quoi qu'on en YCuillc dire - est lïdée grandiose et large quo Strada caresse. Il s'est trouvé enga~é à prendre la plume pour exposer les causes qui doivent y conduire d'abord les peuples latins, dontquelques-nns, dévoyés un instant par un mirage trompeur, reprendront bientôt possession d'eux-m(lmes et vieudront grossir le nombre do ceux qui lattent pour la liberté vraie et le progrès menacés. Toute l'Europe arrive à la Fédération, mais moins hardiment et moins vite que l'Amérique. Les nations diverses qui forment le grand Tout si libre américain, sont jeunes et vivaces; elles u'ont, derrière elles, aucun passé. L'Europe en a un qui pèse lourdement encore sur ses épaules et duquel elle ne se débarrasse que peu à peu. Cette cha!uè qui tient les peuples latins, qui entrave tous leurs élans, ce sont les quinze siècles de monarchie absolue, de cléricalisme oppresseur, qui o;it rapetissé les cerveaux de nos pères, et qui, ataviquement, resserrent encore nos facultés compréhensives. Avant que nous puissions, vaillants et forts, aller à l'avenir et fonder la fédération des Etats-Unis d'Europe, il est indispensable de nous débarasscr du passé. Et cette tàche, dure encore, et qui sera longue à accom- '
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