J. DE STRADA déshonore le travail, plus encore que nulle antre, la tâche qu'est appelé à remplir le ministre d'une religion, sera diminuée par la rétribution qui en sera faite. Si je ne comprends pas qu'on taxe, à tant de franc.s, la somme de produclion donnée par un manœuvre, un maçon, un matelot, je crois quïl rst impossible d"évaluer etde solder en monnaie courante - par la collectivilé - le rachat d'une àmequi se perd, d'une pensée qui s"effondre dans le mal accompli, par un prêtre, ou, plus simplemC'nt, une messe, la prière des agonisants, dite aux pieds d'un lit, l'oraison des morts, chuchotée derrière un corbillard, ou le De Profwutis supr1\me au bord de la fosse béante. A ces choses, d"un domaine élevé, ne saurait s'adapter le prix affecté à une des besognes ordinaires de la vie. Pour toutes ces raisons, et pour d"autres encore purement politiques, le clergé doit être indépendant de l'Etat. li y a trente ans, Strada avait dit tout ceci, dans un livre que caractéri:;ent une rare justesse de vues, et un beau courage: on ne pouvait fa.)ilement exprimer ces idées quelque peu subYersives, sous le r(,gime impérial, et ceux qui s'en souYiennent m'ont bien souvent affirmé qu'à cette époque la liberté - plus encore qu·aujourdïrni - était un insaisissable mythe. :\fais il est un li He politique de Strada qui m·a particulièrement charmé; il expose des idées qui sont nùtres - à nous gens du Midi - je parle pour ceux qui regardent c1·unpeu haut les manifestations des tendances populaires et qui scrutent avec conscience les développements, les enchevêtrement~, les chutes, et les brusques, parfois, prédominances, de Cl'rtaines races, de certaines forces, de certaines idées. Ce livre s'intitule: l'Europe sauvée el, la Feder,1tion. Il parut en 1868. l\"e trouvez-vous pas, comme moi, que la politique, cette science pour l'étude de laquelle la Papauté entretient une école célèbre d'où sortent des hommes qui, sans se montrer jamais, conduisent la vieille Europe, le monde mème; la politique inconnue du vulgaire, et haute, occultementmaitresse des destinées des peuples, mériterait que l'on s·occupàt d'elle sérieusement? ... Il faudrait que les hommes jeunes, naissant à la vie publique, n'eussent point peur des problèmes ardus et profonds qu'elle pose devant les j.lenseurs; il serait urgent que lajevnesse sortie des flancs du peuple, ces nouvelles couches qui domineront demain, fussent imbues de vraie science sociologique, pour que, arrivés l).U pouvoir, au rang de guides de l'humanité, ces jeunes hommes ne suivissent pas les errements du passé, etse montrassent de taille à lutter contre les politiciens excessivement forts que la Papauté, bien qu'agonisante comme pouvoir temporel,
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