32 LA REVUE SOCIALISTE En d'autres termeA, l'homme rst toujours dominé par son 111ilir11, rt r.'.>agiHt ur lui. Or, Je 111ilil'lt de l'homme, pris <lans son unité individuelle, c'est la famille; le milim de la famille c'est hi société•,et le milif'u de la Société, c'est l'ensemble de toutes les Rociétés,ou l'Humanité. Peut-1'.•treme ,mis-je laissé entraîner un peu loin de mon sujet. Il me semble ccpen<lant qu'en montrant, d'une part, que la religion ou les religieons (j\•ntends par là h'R <liverses fois théologique>!)Rontextéricnr~s à la moralc,et à un moment <lonné,abouti,;- sent fatalement à un conflit avec <>ile: et d'autre part, que la morale cAt, dans ses évolntions, absolument dépen<lante tlPs con•litions mentales, économiques, politiques et sociales Rnr lPs,1uellc,;elle agit, mai,; <1ui réagis:ient snr elles (car, si les Rentiments innuent sur les opinions, le::iopinions modifient et souvent déterminent les sentiments : et les uns l't lm; autreH, ensemble, engendr,,nt les actes), j'ai ju~tifié le caractère ('t la portée des doctrines ;;ociali:;tes,ttni ont la prétention non seulemPnt ùe r.'glcr it nouveau les comlitions politiques et économiques dm1 sociétés humaines, mais encore d'en r.;organiser les con<lition,i morales. Et c'est bien, en effet, parce <1ue tout se tient, se lie et s'enchaîne dans Ir vaste problème Hocial que la crise (•conomique aujour<l'hui ou \'l'rt;;, a pour factrur:-1et auxiliaires la crise politiqne, <1ui tient au défaut d'harmonit> dt> nos institutions gon nirnementales avec h\~ condition,1 néces,1;.lires dt> notre existence sociale; la crise rcligieusE' r{•,1ultant de la rupture du liE't1 qui, jadis, rattachait les 1•érités révélées <lu dogme aux Yérités démontrées de la ticience; la crise morale, enfin, qni naît du sentiment <t ne ces désaccords, ces tlisconlances provoquent dans tous les esprits, it s:1voirque l'ordre social ne repmm actu<>llement que sur <le,;corwentions factice,!, entachées dïnjustice, d'erreur ou de mensonge; que h•s institutions politiques, économiques et religieuses 11ni eu sont les 01·gane,;,ne correspondent plus aux néccsHitésactuelles, enco1·emoins aux nécessités futures de la vie, indiduelle ou collective; et que, loin dbsormais <leservir et de protl~- gèr les légitimes intérêts, les aspirations morales des hommes réunis en société, ellrs les vioh•nt et les compriment. CP n'est pas une partie de l'homme qui est dans la révolution de dem-iin; ce n'est pas senlement l'homme qui mange, boit et clort; - c'est l'homme qni pense, c'est l'homme qui aime, c'est l'homme <1uiaspiN à la plénituùe de s?s facultés de corps, d'esprit et de cœnr. C'est tout l'homme social, en un mot. Henri AIMEL. (.i suivre)
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