La Revue socialiste - 1893 - Tome XVII - vol 01

RÉSUMÉ DE LA DOCTRINE SAIN1'-Sli\IOXIE~XJ,; 31!) de la propriété. l'éducation et la législation qui doivent présider aux relations des hommes e11tre eux, et enfin la religion qui doit embrasser et relier toutes les parties de l'ensemble. Sur chaque partie et sur l'ensemble, on y indique sommairement la direction dans laquelle doit s'opérer la réédification annoncée par aint-Simon. Ce premier volume sera suivi d'un second qui contiendra l'enseignement fait cette année (1830), également en public, et qui présentera lïuslitution saint-simonienne complètement développée sous son aspect religirux, scientifique et industriel. Le premirr volume se compose d'une introduction historique sur les travaux de la doctrine, d'une lettre à un catholique sur la vie et le caractère de Saint-Simon, et du résumé de dixsrpt séances que nous allons passer rapidement en revue, en conservant aussi souvent que possible, comme nous l'avons fait jusqu'ici, les expressions employées par l'école. Si l'on jette un coup d'œil impartial sur les sociétés europt•ennes, placées sans contredit à la tète de la civilisation, il est impossible quo l'on no soit pas frappé par le spectacle du désaccord qui règne dans les sentiments, dans l'activité rationnelle et dans lrs intérêts malfriels, soit généraux, soit individuels. La société l'St fractionnée en une foule de sectes soi-disant religieu~rs ou philo. ophiques. sectes_qui furent unies, pendant les trois siècles derniers, par l'unanimité de leur haine pour le catholicisme, contre lequel elles ont toutes dirigées, mais qui, depui,; que le fantùmc ultramontain n'est plus sérieusement rnenaçant qu'aux yeux des visionnairC's, se séparent de plus en plus l't se disputent entre elles. C'est le protestantisme dans toutes ses nnances, depuis le respectueux gallicanisme jusqu'au rnt~thodisme le plus fougueux; c'est le déisme pur jusqu"à l'athéisme le plus décidé. Il en est de mème dans l'empire de la politique. Aussi longtemps quo le sceptre féodal s'est montré 1·edoutable, les partis se sont trouvés momentanénwnt unis pour l'attaquer : mais sa présence seule formait leur accord; lui tombé, toutes les fractions se sont disjointes, depuis le méticuleux doctrinaire jusqu'au hardi républicain; bientàt, peut-être, dans nos assemblées politiques, il faudra un siège isolé pour chaq ne membre, un banc sera trop vaste pour une nuance d'opinion tout entière. Telles sont les conséquences des doctrines négatives qui n"ont d'harmonie réelle que pour la deskuction, nées comme elles le sont en présence d'une doctrine positive dans ses dogmes et dans ses préceptes, mais arriérée, et ne satisfaisant plus aux besoins de la société. Si nous étudions, comme on doit le faire, l'?tat des senti- •

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