RÉSUMÉ DE LA DOCTRINE SAI~T-SIMOSIESNE al 7 tuelle: à ne considérer que ses actions, on anrait pu cr0ire également quïl n'était que sensible. Si son génie fut sublime, son cœur surpassa son génie; toutes ses idées passaient par le cœnr. ,Jamais, je pense, aucune créature humaine u·a eu à se plaindre de lui, et il a fait de nombreux ingrats. Il a connu aussi des ètres reconnaissants, et ce fut le charme de sa vie. « Une femme célèbre a dit qu'on redoutait à tort la supériorité du génie: tout comprendre, tout sentir, rend fort indulgent. ~ul ne prouva mieux que Saint-Simon combien cette idée est juste et vraie. Il savait se mettre, avec une inconcevable simplicité. au Lon et à la portfe de celui qui jouissait de sou entretien. Telle était la flexibilité de cet esprit supérieur, mais bon, mais excellent par dessus tout, que, tandis ,que les plus sages emportaient l'espoir de venir encore chercher des leçons, lïgnorant pouvait le quitter avec l'idée do ravoir instruit. Sa senle passion était le bien public; il le cherchait avec une abn{•gation de lui-m(•me dont nous ne retrouvons quelques traits que dans les temps anciens. Aussi, lui, qui jamais n·eût µrofité de la pensée d'nn autre, distribuait les siennes avec une prodigalité dont ceux qui l'entouraient 1,rofitèrent. Il aimait à rapprocher de lui les jeunes gens, les lw111111ed1e1 l'(weni1·, à leur procurer les moyens de se frayer une honorable carrière par leurs travaux et par leurs écrits. Peu lui importait qu'ils employassent ses idées; il les leur donnait lui-même; il ne regardait comme essentiel que de les répandre. Le moindre sentiment d'égoïsme ne souilla jamais un aussi beau caractère. Plus occupé des. intér~ts d'autrui que des siens qu'il négligeait, il ue trouvait belle et honorable que la fortune acquise par l'industrie; et, quoiqu'il regardàt l'acquisition des richesses comme lf' pmblèmf' le pluH facile à l'ésoudrP, et qu'il l'eût résolu plus d'une fois pour luimème, son insouciance à cet égard lui faisait répandre ses biens· plus promptement qu'il ne les avait acquis. « Si la générosité n'était pas dans le cœur, disait-il, elle serait toujours un bon calcul. » (Journal de lei province clP Liège, 13 oocobre 1830). Après la mort de Saint-Simon, ses disciples apprécièrent toute l'étendue de la mission qui leur était confiée : groupés autour de celui d'entre eux que le maitre avait particulièrement affectionné, et qui avait été le dépositaire de ses dernières pensées et de ses derniers travaux, ils entreprirent d'abord la publication d'un recueil périodique où les principaux points de la doctrine furent exposés sous la forme scientifique, jaloux seulement alors d'intéresser les penseurs en leur présentant les sommités de la philosophie nouvelle. Ils atteignirent leur but. Lr, Prodttcleur(l) n'obtint point un succès de vogue qu'il n'avait pu (1) 4 vol. in-8·.
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