282 LA REVUE SOCIALISTE cette nouvelle transformation entre vous. Décidez-vous ce soir à former une association à vous deux; venez demain, et qui sait si vous ne serez pas le noyau de ce mouvement divin pour la régénération de notre nation. Il doit bien y avoir une douzaine d'hommes à Washington, qui peuvent devenir zélés pour le relèvement divin des hommes, pour cette tâche patriotique (car je crois que le patriotisme est une vertu éminemment socialiste) d'acheminer toute la nation vers l'idéal. Il doit y avoir un millier de tels hommes ùans notre pays. Ils peuvent faire de l'histoire, car l'histoire a été faite par des hommes tels qu'eux. Ah ! vous ne savez pas quelle est la puissance de mille hommes réunis, dis-je ? de douze hommes unis par l'amour de la même idée sociale, tendant au progrès ? surtout si je ne me trompe pas en m'attendant à voir avec le XX• siècle un soulèvement, une vague de sentiment social, généreux, comme il y en eut une il y a un siècle, puis encore il y a cinquante ans; car ce sentiment semble arriver comme une vague. Le grand roman de Darwin sur « notre origine» peut encore être surpassé par un roman sur« notre avenir,» ou notre but. Et quelle étroite amitié une telle confraternité ne créera-t-elle pas l'amitié, la chose la plus précieuse de la vie! qu'est-ce qui rend l'existence douce et noble! tout esprit sup~rieur chérit une idée favorite qu'il considère, au fond ùe son cœur, comme la chose principale; à laquelle il subordonne une idée de satisfaction matérielle. Ce sont des aspirations semblables qui créent les grandes amitiés. :Malheureusement, même pour les gens d'un esprit élevé, ces idées présentent la vie sous un aspect très étroit, ce qui amène peu à peu le découragement. Je mets dans leur catégorie les ligues pour le suffrage de la femme, pour la prohibition. li faut voir plus haut et avoir un idéal, comprenant la vie humaine toute entière. L'amitié comme je la conçois ne connaîtra pas la satiété, l'ennui. Une telle confraternité permettra à un homme sérieux de dire à la fin de chaque jour: en vérité il 1·mtl letpeine de vivre, pour travailler, améliorer la vie. Lawrence GRUNLUND. Traduction de Mlle Vega IIEïLMAl<N.
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