RÉGÉXÈRATIOX MORALE DAXS L'AMtRIQU'E DU XORD 2ïl DES CONDITIONS DELARÉGÉNÉRATIOMNORALE DANS L'A2-IÉRIQUE DU :XORD Nous manquons d'une base sC1res, ur laquelle nous voudrions pouvoir établir nos conditions. Dans notre marche rapide vers le progrès nous avons perdu la sereine assurance de nos prédécPsHeurs en même temps que leur foi, non dans les dogmes, mais dans l'humanité et sa destinée. Nous avons perdu ce que j'appellerai le « sentiment de l' Unité Ol'{Janiqiœ de l'homme "· Les idées émises par certains, très influents parmi nous, prou vent oombien ce sentiment se dissipe. Prenons par exemple, Herbert Spencer, l'un des plus connus; il a consacré bien des pages à tacher de prouver que la Société est un organisme, et cependant le sentiment que nous sommes des autonomes, qut' chacun de nous n'a pour seul objet en ce monde que ùe s'occuper de soi, enfin que la Société est une agglomération de grains de sable pensants; ce sentiment est si fort en lui qu'il le laisse deviner dans toutes ses dissertations sur le socialisme. Eh I bien, je pr(cltends que l'idée tout opposée, c'est-it-dire le sens de « l' [/nité sociale organique» de l'homme, a été la vraie base de toutes les croyances solides ùu passé. C'était le principe fondamental des anciens ; les Grecs, les Romains, les Hébreux y étaient fortement attachés; mais chez ces peuples ce sentiment de dévouement à la prospérité commune était instinctif. Il est curieux de voir combien Spencer est incapable de comprendre ce sentiment; en parlant d'un citoyen, il dit qu'il est « l'esclave de sa cité ». Mais il ne conçoit donc pas que cette vie en commun était une nécessité pour ces peuples! La remuante Athènes, Rome, Jérusalem, ces autels, ces coutumes étaïent lem·
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