La Revue socialiste - 1893 - Tome XVII - vol 01

ORIEXTATION ET ORGANI ATIOX 257 ORIENTATION ETORGANISATION POUSSÊE lRRÉSI 'Tll3LE. - ÜRIEXTATIOX SOCIALE. Il faut une nouvelle orientation des partis. C'est entendu. Dans li uel sens la diriger? Telle est la question que chacun se pm;e it lui-même. Homme <l'état sur le seuil <l'un ministère ou membre important <l'un comité ébctoral, le plus haut comme le plus bas dans l'échelle <lespoliticiens est agité <le ce grave souci : de quel côté doit-t-il faire porter le poids do son influence ? Je me permettrai, au surplus, de faire remarquer que toutes ces combinaisons sont ai:;sezindifférentes au résultat. L'orientation de la société est toute faite, et c'est là le point essentiel. Un grand courant nous emporte, d'une violence tdle que les responsabilités individuelles se trouvent singulièrement nmoindries. En ergotant sur la meilleure des orientations, nous ressemblons à une personne qui, tout en roulant sur une pente à pic, réfléchirait à la direction qu'il lui serait plus commode de prendre. Les simples d'esprit se contentent, en pareil cas, de s'abandonner à la force irrésistible. Je suis de ceux-là. La force qui nous entraîne est le socialisme ; le flot qui nous pousse est la marée montante du quatrième Etat; l'abime où nous roulons est celui ot\ s'effondrent les sociétés en décomposition et Olt germent les embryons des sociétés nouvelles. J'entends discuter autour de moi s'il n'y a pas lieu pour le socialisme de ralentir son allure, afin de permettre aux modéré,1 de le rejoindre. Lo bruit de la vague frémissante répond seul à ce conseil puéril et les modérés seront obligés comme les autres d'en suivre le cours. 17

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