REY GE DES LIYRES 247 notre auteur. Les Chambres composées de six à sept cents membres ne sont sou1·ent que des cohues peu attentil'es aux discussions, peu laborieuses. Le .renouvellement partiel lui parait aussi préférable, afin d'épargner au pays et aux affaires les crises trop gral'es qui résultent de l'incertitude. En H.épublique, deux Chamb1·es sont nécessai1·es, car l'expérience de tous les peuples libres nous apprend qu'on gournrne mieux arec deux Chambres qu'arec une. :\lais il faut bien se garder de faire de la Chambre haute une sorte de pouvoir aristocratique ou réactionnaire, chargé de brider la démocratie, car ce serait accumuler sur cette Assemblée les haines populaires et lui onlel'er toute autorité et toute inlluence. Au contra:re le Sénat doit 1·eprésenter l'esprit de suite et de tradition unis à l'esprit démocratique, la fixité dans les desseins, l'unité de vues qui sont nécessaires à un gourernemeut sérieux et que les Chambres populaires plus mobiles ne po~sèdent pas à un assez haut degré. On adoptera un mode de recrutement, qui permettra d'y faire entrer des représentants de tous les arts. de tous les métiers. de toutes les administrations, de toutes les spécialités techniques et scientifiques. de tous les grnnds Cûrps de l'Etat, en même temps que la plupart des illustrations du pays et que les chefs les plus éminents de chaque parti. Cent cinquante membres pourraient être choisis de cette fa\on et cent cinqu,rnte autres par un collège électoral régional ou prol'incial. Ainsi composé. un .'énat comprendl'ait un grand nomb,·e d'hommes possédant les connaissances spéciales, le talent. l'esprit de suite et de méthode qui lui permettraient de constituer un centre de résistance contre les empiètements de l'exécutif ou contri, le pa,.ti-pris d'une Chan,bre populaire mal inspirée ou corrompue ou infidèle à son mandat; car le despotisme d'une assemblée n'est pa moins à redouter que le despotisme d'un seul. L'incompétence trop fréquente des députés a fait émettre à plusieurs socialistes l'idéP. d'une représentation spéciale du tral'ail, clheloppôe dans le premier l'Olume du Socùilisme Intt!gml (page 391) par notre éminent directeur Benoit l\lalon. qui l'Oudrait établi!' une Chambre économique nommée corporntil'cment par les travailleurs de tous genres à côté de la Chambre politique, est approu1·ée par :'Il. de Lal'eleye clans les termes suirnnts: « Beaucoup de socialistes sont dégoùti\s des résultats de l'élec- « tion orrlinaire, et ils réclament ce qu'ils appellent la représentation du « tral'ail, c'est-à-dire des représentants élus par les groupes industriels et « agricoles, la métallurgie, les mines. le coton, la soie, la 1·iticulture, le « commerce et ainsi du reste. L'idée a du bon. Sismondi. dans ses études « sur les constitutions libres, l'a préconisée. et il a rappelé que les com- « muncs du l\loyen-Age en Italie et en Flandre, constituaient ainsi leur « magistrature. En élargissant le système et en appelant au goul'ernement « de l'Etat les représentants des industries, des fonctions, des serl'ices et « des académies, on obtiendrait ce qui manque d'ordinaire à la Chambre « populaire, les connaissances spêciales. ,. (page 15). Le Sénat devra jouir d'une grande autorité plutôt morale que matérielle. Les al'is seront pris en séi-ieuse considération à cause de la rnleur de ses membres. l\!ais en aucun cas, la volonté du pays, représentée par l'Assemblée issue directement du suffrage unil'ersel, ne pourra être tenue longtemps en échec par la Chambre haute, dont le pouvoir se borne..a à
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