La Revue socialiste - 1893 - Tome XVII - vol 01

200 l.A REVUE SOCLALISTE homme et cette œuvre - la grande critique est, non seulement coupable, mais bête. L'acte de mauvaise confraternité est une maladresse qui se double d'une sottise. IV En toutes ses œuvres, le penseur puissant qui est Strada se revèle avec une force étonnante. Chaque ligne sortie de sa plume est le reflet d'une conviction qui pénètre Je lecteur et le pousse à creuser, plus avant, la peusée qui vient de se faire jour sur l'aile d'un vers ou par l'émission d'un axiome de philosophie positive. Quand on a ouvert un de ces livres, - n'importe lequel, mème les plus ardus - il faut suivre jusqu'au bout le raisonnement que !'écrivain impose. Et je ne crois pas qu'on puisse n'être point de son avis en philosophie, en politique, et mème, je le dirai aussi, en littérature, ce qui paraitra grave aux hommes de ma génération. Mais, avant de passer à la manière qu'emploie l'écrivain pour produire sa pensée, j'estime quïl faut pénétrer le fond de cette pensée mème et l'analyser le plus nettement possible. Après l'exposé de la science philosophique de Strada dont les axiomes - ainsi que je l'ai dit - composent l'ultimwn organum et la metllode ge11érale, j'arrive au point culminant de l'œuvre qui est la résultante directe, naturelle, logique et absolument nécessaire du système, bien qu'aux yeux de l'observateur et du lecteur vulgaires, ce couronnf'ment semble être tout divers et non adéquat au reste de l'édifice. Ce chapiteau, merveilleusement ouvragé et digne en tous points de la base, s'intitule l'.Épopee humaine. Avez-vous lu parfois un de ces livres étranges dans lesquels les pasteurs, rois, mages, bardes ou prêtres du premier àge racontaient en images versicolores et diversemet rythmées, les époques de la vie des Peuples? ... Yous est-il arrivé de laisser • votre esprit s'égarer entre les versets du Ranwyana, du ZendAvesta, du Sha-IIameh, de la Bible, de l'Iliade, de l'Odyssee, des Bucoliques, dol' Alcoran, de la Chanson de Roland, de la Jerusalem délivrée, de la Divine Comédie, des divines épopées qui caractérisent si profondément, si magistralement, l'à.me populaire do la France, à l'aurore de la Renaissance? ... à l'évocation des grandes voix qui montent des siècles évanouis, l'àme s'effare et sent gronder en elle, avec une intensité rare, les soufJlcsrégénérateurs qui la purifient. A ou'ir vibrer ces sono-

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