La Revue socialiste - 1893 - Tome XVII - vol 01

198 LA REYUE SOCIALISTE formuîéc pas Strada écrase les anciens sy:;;tèmesphilosophiqu·cs que le plus grand silence fut fait autour del' Ultimum organum et de la ,l1éthode generale (lmpersonnalisme philosophique) fo,,rmulaire magistral de la philosophie méthodique. Devant c<>Ucsouveraine affirmation, s'écroulent et disparaissent les crilérums relatifs et personnels du fidéisme religieux et du rationnalismc, à bases fausses - conséquemm<>nt non prouvées - qui furent et sont encore la cause de tant d'erreurs, les seme11ccsde si nombreuses et si vivaces haines, conservateurs des plus mauvaises et des plus basses passions; haines et passions couvant au fond de l'àme humaine, qui n'eut point encore la force de se débarrasser de la b<>stialitéinhérente aux imparfaites créations. Strada - et c'cstjustemcnt son indépendance d'esprit autant que l'autorilé incontestable de son caractère qui lui ont attaché les jeunes cerveaux et les jeunes cœurs - Strada porte un coup terrible aux religions purement spéculatives qui pèsent encore si lourdement sur les Humanités actuelles. Il combat les religions parce qu'elles s'affirmeut la raison d'être des choses; toujours, jusqu'ù présent, les bases des religions furent fausses parccqu'elles ne s'appuyaient que sur la FOI en une RÉVÉLATIOX : or, la Foi qu'elles imposent à l'intP-llect humain ne sanrait supporti>r la discussion. Le FAIT, au contraire, synthèse et base du système philosophique du grand penseur dont l'œuvre m'occupe, non seulement supporte la discussion mais encore l'appelle; il lui faut, pour s'affirmer, la bataille des idées divergentes, la lutte des affirmations et des négations, le heurt des pensées émanant d'esprits divers. Le fait, prouvé, ne détruit pas la Religion, en tant qu'élaboration et collaboration d'intelligences élevées et guidant les tâtonnements des hommes, mais il élimine les méthodes toujours imparfaites sur lesquelles les Religions du passé - du présent aussi - établissent ce qu'elles nomment les bases de la FOI imposée à ceux qni croient en elles. La jactance des civilisations qui nous régissent est immense, et l'ignorance des hommes n'a d'égale que leur superbe; ils sont cependant arrivés, en dépit du peu de profondeur de leur jugement à conclure que les Religions qui ue s'appuient que sur la FOI sont destinées à disparaitre, pour faire place à cette religion suprême qui ne sera que la synthèse de la science, qui réunira tous les moyens intellectuels nécessaires au bonheur moral et physique de l'Humanité. Cette Religion-là - les divers clergés ont beau la combattre et la nier - ne saurait tarder à répandre sur les hommes enfin unis sous le drapeau d'un même critérium scientifique, sa bienfaisante tutelle et sa consolante et salvatrice

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