LE DÉCEPTIONISME 185 mal sur la société, mais la cause première est autre. Laquelle? Elle doit être recherchée dans la vie matérielle de la socitlté, dans la physiologie sociale même. Et de même qu'un médecin recherche les causes de mélancolie de son client dans l'état de l'organisme, dans sa physiologie et la trouve souventes fois dans les troubles de l'appareil digestif, d'autres fois dans l'anormalité de tel ou tel membre, etc., de même nous autres devons chercher les causes anomaliques des manifestations de l'esprit social, dans la vie matérielle de la société, dans les relations politiques économiques et sociales. Seul ce procédé d'analyse pourrait nous faire découvrir les causes de la maladie du siècle. II Interrogeons le siècle dernier, sa dernière moitié notamment. Cette époque est d'un intérêt capital; c'est l'organisation d'une société qui trainait depuis des siècles, qui marchait à sa perte et qui devait faire place à la formation d'une autre. L'organisation féodale avec sa classe de nobles, avec ses serfs et ses monopoles de tous genres et une effroyable inégalité,un véritable régime de violence, de bestialités et de profond mépris de la vie, de l'honneur et des biens des hommes se mouvant en dehors du cadre étroit de la classe dominante, une telle société courait à sa mort. Tout ce qu'on y trouvait de plus intelligent, de plus honnête, altruiste et audacieux, aida à donner le coup de gràce au terrible et caduc régime féodaliste. En le pressentiment de la victoire on était plein d'allégresse et de grandioses espoirs. Le contraire pouvait-il avoir lieu? Ceux qui devait construire la société future, la Bourgeoisie, se présentait avec de si attrayantes promesses. Ses idéologues et ses utopistes promettaient·une paix éternelle au lieu d'éternelles guerres, la richesse au lieu de la pauvreté. Aux faits d'hier, ils opposaient: à l'épouvantable injustice la justice pleine et entière, une liberté complète; aux violences de toutes sortes, à l'inégalité, à la haine et au mépris entre hommes on jurait l'égalité et l'amour fralernel : Liberté, Égalité, Fraternité. Et tous ces mots étaient pris au sérieux, car ceux qui promettaient tant de bonnes choses étaient sincères, ils y croyaient eux-mèmes, comme aussi le pensait. la grande masse de la bourgeoisie. Le peuple, lui, pouvait-il ne pas s'y fier en la voyant tellement humanitaire, si courageuse et si magnanime. Après la grande révolution, la bourgeoisie qui. en fait, était gepuis
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