La Revue socialiste - 1893 - Tome XVII - vol 01

LE LOOEMEXT GRATUIT 147 blit celle des individus: c'est un fait général contre lequel les libéraux ont le droit de protester, mais qu'il leur faut subir. Ne montrent-ils pas eux-mêmes l'utilité de l'union, de l'association, dans toutes ces grandes entreprises qui les ont rendus maîtres de la fortune publique et qui toutes sont fondées sur la mise en commun des capitaux et du crédit? :\fais la confiance, source du crédit, est en raison directe des garanties; plus le groupe est stable, plus il inspira confiance, plus il a de crédit ; une société anonyme trouve plus facilement prêteur qu'un particulier, une collectivité permanente plus facilement qu'une sociétété anonyme qui peut se dissoudre d'un moment à l'autre, une grande collectivité plus facilement qu'une petite, parce qu'elle a plus de chance de durée et qu'elle est moins exposée à se désagréger. En partant de ce principe, on conçoit que les moyens d'action qui font défaut aux sociétés anonymes de bienfaisance et de spéculation se trouvent dans la commune: il n'y a aucune comparaison à établir, par exemple, entre la Société Françnise des habitations à bon marché, qui compte toutes les notoriétés de la politique et de la finance, et la commune de Paris. Il faut donc s'adresser à la Commune. C'est ce que feraient les libéraux, s'ils étaient logiques. :\fais ils ont peur de l'intervention de l'Etat. Il l'admettent pour la justice, la police, l'instruction, la défense nationale, les transports, la voirie, pour une foule d'autres choses encore; ils l'admettent pour l'hygi'ène, et la repoussent pour le logement qui n'est qu'une des faces de la question de l'hygiène. Et ils arrivent it cette conclusion étrange, après aYoir écrit des volumes pour montrer l'insalubrité des villes avec ses conséquences, la corruption, la dépopulation et toutes les abominations, de proposer des ramèdes qui agiront clans cent ans! Lorsqu'en 1884, après une enquête sur la situation des ouvriers de Paris, on proposa de construire des immeubles communaux, ils crièrent bien haut qu'on n'a,·ait pas le droit de faire serYir l'argent des contribuables à l'intérêt particulier, oubliant que les trois quarts des dépenses publiques profitent à une minorité, sans aucun_ bénéfice pour la masse qui paye les impôts. Il fallait une centaine de millions, pour lesquels on aurait fait travailler pendant plusieurs années les ouvriers du bâtiment et assuré le logement gratuit de 100,000 personnes. Mais,s'il était possi ble,sans toucher à l'argent des contribuables, de faire bâtir un assez grand nombre de maisons, pour qu'au bout d'une période relativement courte, on pût loger gratuitement tous ceux qui n'ont pas de quoi payer leur loyer et qui risquent d'aller pour cause de misère, soit en prison, soit clans la rue; si, de plus, 1>arsuite d'une combinaison quelconque, le prix de location ét_ait,

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