La Revue socialiste - 1893 - Tome XVII - vol 01

lH LA REVUE SOCIALISTE sonville, 2-!,638 n'ont qu'une pièce, et le nombre des logements de trois pièces n'atteint pas -!,500. >> Une chambre unique coûte de 100 à 150francs,rarement 80 francs,souvent 200 francs.« Dans une visite assez minutieuse de ces logements, poursuit-il, je n'en ai tron véqne deux dont le prix de location ne dépassàt pas 100 fr. »: l'un, éclairé par une lucarne et où l'on entrait en se baissant; l'autre, sorte de soupente pratiquée sous le toit et servant d'abri à six personnes. On n'a pas encore à Paris une statistique complète du logement. A Berlin, où elle a été faite il y a cinq ou six ans, on sait que les trois quarts des habitants vivent dans de petits logements, dont±± % composés d'une seule pièce, 1 % d'une pièce sans chE>- minéo, 29 % de deux pièces. Il est peu probable que les ouvriers parisiPns soient mienx logés que ceux de Berlin. A défaut de renseignements précis, les personnes qui voudraient connaître l'étendue du mal n'auraient qu'à consulter les ouvrages des spécialistes, tels que :'.\IM.Maxime Ducamp, Othenin d'Haussonville, Georges Picot, Cacheux, etc.; une simple promenade clans les faubourgs suffirait au besoin. La collec~ivité a-t-elle songé à intervenir? Car enfin, il s'agit, non des ouvriers qui sont uno quantité négligeable dans le pays de la « Grande Révolution», mais de tout le monde; sous le rapport de l'hygiène au moins, il y a une solidarité que les riches ne sont pas libres de répudier, et leur santé dépend de celle des autres. C'est une idée banale, à fo1·ce d'être simple, et cependant, jamais les gouvernants ne s'y sont arrêtés. Jusqu'à présent, l'action de l'Etat, comme celle des communes, a été nulle. Une seule fois, le Conseil municipal de Paris s'est avisé que tout n'était pas pour le mieux ; il a fait procéder à une enquête, rédiger de longs rapports, pour recommander finalement aux pouvoirs publics une loterie ! Il n'avait pas d'autres moyens, paraît-il, de se procurer les fonds nécessaires. Au contraire, les foyers d'infection où vit la moitié de la population des villes empirent chaque jour sous l'œil de l'autorité. A mesure que les constructions neuves s'élèvent dans les qu'artiers du centre, les ouvriers sont obligés d'émigrer à la périphérie, et les seuls logements qu'ils peuvent occuper deviennent de plus en plus rares, se retrécissent et augmentent de J:rix. Pendant ce temps, les propriétaires qui construisent de nouveaux immeubles doublent, triplent, quintuplent leurs revenus; ils remplacent des maisons basses par des maisons de cinq ou six étages qui privent tout le voisinage d'air et de lumière. Rien n'est plus faux que le vieux dicton: « Le soleil luit pour tous » ; la plupart des habitants ne le voient jamais ; les locataires privilégiés des maisons

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