LA CORRUPTIO~ POLITIQCE 129 LA CORRUPTION POLITIQ_UE I. - L'OPIXIOX VENGERESSE Il avait été question, pour cet hiver, d'une grande fête publique qui se donnerait dans le sous-sol parisien. Une fête vénitienne dans les égouts de la capitale; quel à propos ! Les collecteurs se ;;illonnaient de gondoles légères; les trottoirs se couvraient d'une foule élégamment parée ; sur les plates-formes les couples enlacéH ;;a livraient à des danses échc,elées : attraction du plus haut go1ît en vérité et tout à fait digne do la société la plus select. On crut à une mystification. Rien de plm1 réel cependant. Depuis six semaines la fête dure et avec quel entrain! La folie a gagné tout le monde. Kons piétinons en pleine ordure. Nous en a ,·ons jusqu'à la cheville. Nous y nageons, et chacun de s'écrier : « (":l monte, ça monte ! l> avec une sorte de ravissement. Un plaisir de prince, en vérité! Jusqu'ici c'est aux rois qu'il était réservé. Le vol, la tricherie, la corruption, toutes ces ordures moraleR, ftaient habitudes dos cours. Robert 1\Iacaire portait couronne. La simonie était vertu chrétienne. Avant tout art, on cultiva celui d'écorcher le vilain. Violer, piller, tuer, fut le code chevaleresque. Le plus vaillant preux, Montfort, conquit sa gloire dans cette besogne. Le plus grand des monarques de France, Loui~ XI, fut le plus vil. Le plus estimé, Henri IV, fut le roi des bonneteux. La reine la plus gracieuse fut compromise dans une louche affaire de diamants. Enfin, cette 9
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