La Revue socialiste - 1893 - Tome XVII - vol 01

106 LA RE\TE SOCIALISTE cherchait pas cnroI·e à s'emparer rios pouvoirs puhlics, préconisait partout la conqut'te du 1h'oit de vote comme une p1·cmière neccssitP. li attira l'attentiori ,le hl classe ouvrière sui· l'imponan,·e du suffr.i::(O unive1·scl et sur le rôle Iiber.1tour que celui-ci cltJvait I011e1·C. o fut lui qui, au P111·cde Saint-Gilles ou la campa"'Ol' en fa,·eL1r du suffra~e universel fut couronnée par la démonstration cofo,sale du 10 noùt. prêta le premier le serment qui lie les Mmocrates bel,,.es. 8rismpi, ,:~alement. comme tous les autres vaillants, Laurent ,·er1·,·rke1f, \"an Gaubcq;h et \"oglet, aussi le vieux Coulon à qui nous em·o,·ons un respectueux salut, furent ,les propagandistes ou des partisans du sitlîragc univci·scl. Cc fut Cêsa,· aussi qui lança en une assemblPC à Saint-)Iichel. l'idée rlP la gri•,·e "ènt!1'l1le. ron-;idér.S,• p.u- lui-m,'me comme le suprèmc moyen ,le conr1u~ri1·Îc sulTra!{e universel. li croy,ut à >-.1. tin. le moment plu~ mI>I>I·0ché, ~t_avait toujouI·:~ confia,we, car. 11savait que forrën_1rnt le pe11I►\e conquc1·r,11tson rh-o,t. :Sil \'l\•a,t cn··ore. 11assisterait auIourd 11111 à la 1·ilahsat1on d'un de ses <1,<,irs: l'union pour le triomphe du ,lroit. de tra\'ailleurs ile dh·rr,es opinions. li ve,·,·,ut a.1~si q11i, la caste conser"atrice et rapitaliste réobtc. comme il s'y attendait. à la reven,llcation ,lu suffrage unil·e,·sel et i 1 nous ,lirnit qu'aux 1·~sistanrcs r(~1ctionnaires il faut opposer la \'Olonté et l'éne1·g1epopulaires qui triompheront fo1·réme11t. ous les lleurs qui vnnt cou,·,·ir la tombe de res deux t'tres si aimants et si genéreu,, ils l'Cposcnt dans la tranquillité du s~pulrre, Mtarhés des luttes et lies passions qui nous secouent et nous entrainent. Leu,· souvenir reste vivant et leur nohle cxistenre sert d'e,emple aux gifo~rations artuelles, nourries de leur esprit et rkhaulî;e, ,tan~ leur foi démOl'ratique par leu1·s enrouragements et leurs paroles ,l'aptltres toujours vib1·ants en nous. ::-,:ousles saluons avec toute l'émotion qui est ,tans nos àmes et dans nos cœur,. et 11011l,eur disons, l'àme bien tl'iste. que nous pensons à eux sans cesse et que, si leur, ,·m·ps ne sont plus p,rmi nous, leur pensée est toujours au o,cindu peuple qui les honore comme des bienfaiteurs et qui leur a1>porte aujourd'hui l'hommage attendri de sa l'CCOnnaissance. JIOLLAXDE La c,·ise socirile. - Yoici, d'après le Peuple de Bruxelles, dïnléressants détails sur le caractère aigu que prend en Hollande la crise sociale : Des greves et des désordres viennent d'éclater dans le :\'ord. Circonstance originale: cette fois, il i:,'agit bien d'un!' grève agricole, et ci> sont les ouvriers ruraux, garçons de ferme et ma11œuvres des champs qui déposent l'outil, s'insurgent <'l réclam!'nt une augm<'nla.tion de salaire, non sans casser les vitres des fermes et tentc-r d'y mettre le feu. A Pekela les partis en sont venus aux mai us au sortir d'une réunion ou lïustituteur en chef d'Akkerwond, un certain \Voudstra, a,•ait fait une conférence sur le projet d'extension de suffrage. La gendarmerie - la maréchaussée, comme on dit ici - fut obligée de charger la foule. Un ouvrier, \Yeekens, a été blessé d~ plusieurs coups de sabre et a dù entrer en traitement à l'hôpital après avoir été pansé par les médecins. Un ag~nt de la brigade de nuit se servit de son l'evolver contre une bande de socialistes; ceux-ci allaient faire un mauvais parti à l'agent, mais le garde-champêtre du village parvint à les calmer.

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