La Revue socialiste - 1893 - Tome XVII - vol 01

MOUVEllIENT SOCIAL 1('5 Parti Ouvrier, Léon Defuisseaux, Auseele et les délégués du Vooruit, Callewaert, Hector Denis, Fauvicau, Yandervelde, Demblon, Bertrand, Volders, Defnet, etc., etc. Un char trainù p11rtrois chevaux boudé de couronnes, - précédé de tambours et de clairons, -suivi des déléguées des femmes socialistes, rnilà le commencement du cortège. Espacées çà et là, des musiques jouant la Marseillaise ou des marches funèbres. De nombreux drapeaux rouges. Au cimetière, aux quatre angles du tombeau brùlent des parfums dans des cassolettes ... Certes l'on ne pourra faire au peuple de Belgique, cornme aux démocraties de l'antiquité, le reproche d'ing-ratitude. Ci-dessous le discours prononcé au nom du Coo$eil général du Parti Ouvrier par Jean Yoldcrs: Une foule aussi nombi-euse que celle réunie autour de ce tombeau se presse émue et recueillie autour de la dépouille de l'homme si bon CLsi jus,e c\ue nous pleurons toujours et que la mort venait arracher à nos affections i y a deux ans. Di>jàaux funérailles l"iùée gén6rale était qu'il fallait élever un mauso!Pc à César De Paepe, afln que son souvenir, \1résent dans les esprits. fut au,~i rappelé aux yeux lie tous comme un exemp e de devouement et de fraternité. Une souscription fut ouverte, les dons anivèrent de toutes pai-ts. d'humbles oboles se joignirent aux dons importants des groupes socialistes et nationalistes et bientôt, sur les plans de l"arrhitecLe Ghyscl, le monument simple et beau que nous inaugu,·ons aujourd'hui fut édifié par les maçons et tailleurs de pierres syndiqués. Les ornements en fer forgé. œuvre de Prosper Schryvers, le médaillon de Bdsmée, dù au sculpteur De Wever. le buste de De Paepe, création et don du g,·and artiste JefLambeaux, la garniture en bronze du fondeu,· l'cterman, qui a également fonrlu le buste, tout est fait avec art et cont1·ibuc à donner au mausolée l'aspect de sévère beauté qu'il fallait à semblable monument. César avait, quelque temps avant sa mort. en cette nécropnle même, devant le tertre où reposait Bdsméc, manifesté l'occasion <l'être courhé plus tard, son heure venue, à côté de son vieux compagnon. Ce vœu a été plemement réalisé. Ils sont là, maintenant tous deux, étendus po,1r toujours. mais comme ils le furent dans leur existcn.:e. Pendant de nombreuses années, ils eu,·ent non seulement des liens de famille mais leur vie se confondit. Brismée fut, comme Jean-Ba1ltiste, le Précurseur de celui qui fut sons plus d'un rapport un Jésus-Christ moderne, plein d'humanité et et de fraternité. Le premier il annonça les temps nouveaux. dont César prêcha l'Evangile. lis allèrent l'un et l'autre de village en village, semant la bonne pal'Ole, réconfortant les $Oufîrants, semant l'espoir de relèvement pou,· les miséra.bles. Le Peuple arrirnit pour les entendre et, partout se convertissait. Ces cieux hommes, dont le premier sous une écorce un peu rude. était bon comme un enfant et le seconrl était la bonté incarnée, subirent à cause de leurs opinions, les plus affreuses calomnies. On les représentait comme 'des forcenês et des hallucinés, rêvant de boul~vet·sements et nourrissant le projet de régénérer l'humanité par un torrent de sang. Ils résistèrent et poursuivirent leur tâche jusqu'au \Jout et, quand ils moururent, ils pouvaient constater quel revirement s'était produiL. li leur fm aussi donné la satisfaction de voir, avant leur fin, le Pa1·ti Ouvrier puissant et bien organisé, préparé à accomplir le travail d'émancipation pour lequel il était ué. De Paepe, une des premiers, il y a longtemps, quand le socialisme ne

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