ÉCHOS DR.HIA TIQUES 95 eux. Doux fantôme qui a mieux aimé s'évanouir que de devenir un obstacle au bonheur de celui qu'elle aimait ! Encore une reprise aux Français: Frou-Frou, de Meilhac ; cette charmante et . touchante Frou-Frou, qui a été jadis le triomphe de la pauvre Desclée, est tombée aux belles, mais fortes mains de Mlle Marty. Ce rôle d'une exquise délicatesse, onduleux et changeant comme les pensées de la femme-enfant, qu'il met en lumière, revenait par droit de gràce touchante, de vivacité, de dramatiques élans, à Bartet. 11est à remarquer cependant, que Marsy s'est tirée honorablement de la partie dramatique du rôle. Cette Frou-Frou, est une enfant gàtée, que le mariage laisse dans toute sa légèreté frivole. Tète d'oiseau, mais femme de cœur, qu'un mot sérieux du mari, du père ou de la sœur, sauverait des irrémédiables coups de tête. Ce mot ne vient pas, tout le monde aime Frou-Frou à la façon dont on aime une jolie poupée ; pour s'en parer, et la parer. Ainsi abandonnée, la femme-enfant, dans un accès de jalousie contre -sa sœur, qui soigne le mari et renfant, fuit avec un amant. Le mari tue l'amant, et notre Frou-Frou, pauvre oiseau blessée, revient au nid conjugal, agenouillée. implorante, avilie, et touchante dans son agonie comme la faiblesse dont elle est l'image. Ce retour auprès du mari qui a tué l'amant, ne laisse pas que de faire rêver. Cette pièce ne paraît pas avoir de tendance bien marquée. Cependant la question sociale, de la situatinn des femmes, se trouve posée à propos de Frou-Frou. L'auteur néglige de la résoudre. On peut en tirer la conclusion : l'absence d'éducation faite, de responsabilité réelle dans la vie, entraine ceux qui vivent à côté des femmes,pères ou maris,à les traiter comme de simples choses; à les adorer souvent; rarement à les aimer assez pour en faire des êtres heureux, réfléchis et respectueux de leur dignité et de celle des autres. Cette question sociale a été traitée avec un rare bonheur dans Maiso11de Poupée, par Ibsen. Narak, la Frou-Frou norwégienne, adore son mari et ses enfants. Une catastrophe intime lui ouvre les yeux sur la place qu'elle tient dans la maison conjugale et dans la vie. Doulou- • reusement frappée des contradictions qui existent entre le bien absolu et la Loi écrite; comprenant que la dignité humaine est amoindrie chez les femmes par cette Loi, elle quitte sa maison pour avoir le temps de comprendre ce que personne n'a pris la peine de lui expliquer : la Vie et la Société. Ce dénouement austère laisse bien loin derrière lui la pauvre Frou-Frou française qui, elle, meurt presqu'inconsciente des fautes des autres à son égard. . M. Henri Lavedan nous présente, dans le Prince d'Aurec, une (Omédie à tendances socialistes. li tombe la Noblesse et les Israëlites, et glorifie, jusqu'à un certain point, une bonne bourgeoise, devenue du-
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