92 LA REVUE SOCIALISTE ÉCHOSDRAMATIQUES VAUDEVILLEen matinée: Thérèse'1{aquin, de Zola, drame en 4 actes. FRANÇAIS : Frou-Frou, de Meilhac. VAUDEVILLE: Le Prùice d'.Aurec, par Henri Lavedan. Thérèse '1{aquin, accueillie plus que froidement en 1873, vient <l'avoir au Vaudeville. une représentation unique. Cette curieuse reprise met dans un vif relief, les qualités puissantes et un peu brutales, qui caractérisent le maitre. Un jour cru, éclaire les personnages, et les montre en pleine hideur morale, Zola ne plaide pas comme Ibsen, les circonstances atténuantes, en s'appuyant sur le milieu social; il expose le fait (du moins dans le drame qui est tiré d'un roman plus complet), et livre l'homme à ses passions, et aux remords qui sont une conséquence de son éducation. L'homme de Zola ne réfléchit pas, ne cherche pas ; il éprouve. C'est bien là, au moins dans les deux premiers actes, une tra11cbede la vie, un document humain. Une sauvage grandeur se dégage pourtant de l'œuvre entière ; mais une grandeur pesante, qui opprime le spectateur et le laisse sous une impression pénible; semblable à cette impression d'indéfinissable malaise, que l'on éprouve à voir souffrir les bêtes inconscientes. Or, au point de vue du spectateur, une souffrance trop réaliste, ou trop peu préparée supprime le plaisir théâtral. Thérèse, une fille belle, pauvre, et de tempérament ardent, est élevée par charité, avec un de ses cousins ; garçon maladif, et de médiocre intelligence. Quand elle atteint ses vingt ans, sa tante sans s'occuper de l'abîme physique qui sépare ces deux êtres; sans comprendre peut-être (avec l'aveuglement des mères, et leur égoïsme féroce) la monstruosité de cet accouplement, les unit pour la vie. Le .divorce n'existait pas en 1873. Et la vie reprend son cours, simple,
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