LA QUESTION SOCIALE DEVANT LES CORPS ÉLUS 747 monsti·ueux, on leu,· montre comme le règne de la justice un collectivisme d'en bas qui Sera peut-éti·e aussi tyrannique, mais qui, à coup sûr, sera moins immoral? Conti·e ce pél'il-là, avez-vous des lois? Si vous n'en avez pas, pourquoi n'en demandez-vous pas 'I Pourquoi 1 pat'ce que vous aimez mieux ne pas regarder de ce côté-là, (Exclamations à gauche) et, au lieu de donner la justice au peuple; vous continuez votre tâ::he de déchristianisation. Un incident curieux s'est produit dans la séance dn 17 novembre (même discussion). C'est la première fois, croyonsnous, que le nom de Karl Marx et son œuvre y sout discutés. Signe des temps 1 M. Aynard. - Je fais appel â votre indulgence et vous prie de croire que je n'ai pas la prétention d'avoir apporté à cette tribune une réfutation des idées socialistes. L'occasion se présentant, je me suis borné à répondre très brièvement à l'argumentation de l'honorable M. Emest Roche; mais encore une fois, nous devons tous tenir à l'honneur de provoquer un ample débat et il ne faut pas que cette législature se sépare, que nous arrivions au terme de notre mandat sans que nous ayions institué à cette tribune un débat étendu sur ce qu',m appelle le socialisme, sans que nous ayions s9mmé les réformateurs de l'avenir de faire connaitre leurs réformes. (Très bien I très bien l ! M. Paul Lafargue. - Vous ne les connaissez pas 1 M. Aynard. - i\I. Lafargue, j'ai lu des ouvrages de votre beau-père allemand Karl Marx; je les ai lus avec une grande souffrance et au prix d'un grand tintamarre de cervelle, car il n'est pas difficile de les comprendre. (Interruptions à l'extrême-gauche. - Très bien I et rires sur un grand nom1Jre de bancs). M. Jourde. - Ce n'est pas de la faute de Karl Marx 1 M. Aynard. - Avec beaucoup de travail, j'ai fini par saisir sa tht!orie qui, j'ai hâte de le dire, n'est que la conuption de l'économie politique .. (Bruit à l'ext1·ême gauche). Mais ce que j'ai bien remarqué dans les ouvr;i.ges de i\I. votre beau-père, (on rit), - qui est un théoricien de grand talent, je le reconnais - il n'est pas, à mon regret, comme nos écrivains socialistes français de ce qu'on peut appeler la période romantique, qui, eux, avaient la grande supédorité de mêler à leurs théories un certain et parfois généreux idéalisme; la théorie matérialiste de Karl i\Iarx est froide comme un couteau. (Bl'uit à l'extrémité gauche de la salle). M. Jourde. - Si nous parlions comme vous le faites en ce moment à la tribune, nous serions blâmés. 1\1. Paul Lafargue. - A la faculté de Lille, un professeur de droit a fait l'éloge de Ifarl Marx et l'a proclamé l'un des plus gra11ds savants en économie politique. S'il y a des économistes ici, ils diront que tout le monde s'incline devant la science de Karl Marx, qui a démontré ... (Bruit). ' M. le Comte de Bernis. - C'est de l'esprit de famille. M. Paul Lafargue. - Je ne puis me faire entendre au milieu du bruit; mais je vous répondrai dans un instant M. Aynard. M. Aynard. - Dans tous les cas, la Chambre pense1·a que j'ai donné à M. Lafargue tout le temps pour fafre l'éloge de l\I. Kal'l Marx. Il "oudra bien maintenant me permettre de finir. . Il a coup!! ma phrase au bon moment: je voulais lui dfre que, quel que
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