REVUE DE LA P.RElSSE 731 REVUDEELAPRESSE LA NouvF-LLEREVUEpublie dans chaque numéro une Ch1·0nique politique par M. de Marcère, dont la lecture est des plus suggestives. C'est une causerie dans une excellente forme, sur le fait capital de la quinzaine et je la ljs toujours avec un vif intérêt, parce que son auteur y révèle, si je puis ainsi dire, la pensée de derrière la tête de la bourgeoisie républicaine. Cette pensée, assurément, on peut la saisir, dans tous les actes de la vie politique courante, quelque effort qu'on fasse pour la dissimuler. Mais M. de Marcère, ancien ministre de l'intérieur, ancien chef du cabinet, même, dédaignant l'hypocrisie habituelle à son parti, la précise avec une netteté de langage qu'on ne saurait trop louer. Et c'est Cf\ qui rend ses chroniques si intéressantes. Ainsi, dans le numéro du 15 novembre, commentant l'explosion de la rue des Bons-Enfants, il rattache cet attentat, abominable autant que stupide, à ce qu'il appelle le triomphe de la « doctrine naturaliste». Cette doctrine «.est celle des socialistes et des radicaux » ; elle fait reposer l'idée du droit ,, sur la volonté arbitraire (lisez le suffrage universel) et l'intérêt instipctif de l'homme n. La doctrine naturaliste supprime, en un mot, dans la vie sociale, l'élément moral, sans lequel l'humanité retourne à l'animalité primitive. Anarchistes, socialistes, radicaux, ce sont là autant de nuances d'un même parti solidaire, professant les mêmes prillcipes, la même philosophie négative, étrangère à tout frein moral. Pour conjurer le danger que présente l'alliance imminente des radicaux et des socialistes (M. de Marcère veut bien admettre qae ces deux dernières
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