ïl4 LA REVUE SOCIALISTE propriétaires du quartier, désastre pour les locataires. Le quartier n'est plus tenabl0 pour les gens de petite condition. C'est l'éternelle crise des loyers, qni éclate alors comme rlle a sonvent éclaté depuis, ce qui prouve qu'avec le régime de la propriété individuelle la question est insoluble et renaitra sans cesse. Naturellement, les autorités municipales s'émeuvent: c'était alors le Prévôt des marchands et les échevins. Ils demandent au Conseil ùu Roy l'autorisation de prendre les mesures commandées par les circonstances. De notre temps, on eùt pensé tout de suite à la création de logements à bon marché, avec concour du Crédit Foncier et combinaison financière. Mais, en ces temps déshérités, MM. Siegfried et Raffalovitch n'étaient pas de cc monde; on n'avaiL pas encore inventé ce vocable odieux d'llxbitr(tions ou1-1rières, - comme si les ouvriers devaient êtrPparqués dans des logements d'une nature spéciale! l'école de la philanthropie à 7 et 8 X et de la charité à gros dividendes ne s'était pas encore formée. On ne songea donc pas à édifier des constructions dans le genre de la nité Doré ou de la Cité Jeanned'Arc, que les membres de la Sociéte des nabitûions ouvrières citaient avec orguril au Congrès de 1880, et que M. Gamard luimèmc, au Conseil municipal de 1883, flétrissait ùu nom de tauclis empestés. Avec une hauteur de vues à laquelle leurs success(->urs ne se sont pas toujours élevés, les échevins du XVIII 0 siècle pensèrent que le seul moyen de conjurer la crise des loyers était d'ouvrir tout un quartier nouveau. l\Iais laissons parler le Conseil du roy, statuant sur la demande des échevins: il faut lire le texic même de l'arrêt pour en goûter toute la saveur: << Le Roy étant informé que, depuis que Sa Majesté a fixé sou « séjour à Paris, plusieurs seigneurs et officiers se sont logés « aux environs du quartier du Louvre, de St-Honoré et de la « Butte St-Roch ou il a été bàti plusieurs hôtels, ce qui a obligé « rt engage encore tous les jours les artisans de différentes pro- « fessions qui étaient dans ce quartier et aux environs d'en sortir « pour aller s'établir ailleurs; et, comme ils ne peuvent se « loger qu'avec beaucoup de difficulté, et à des prix excessifs « qui augmentent celui des ouvrages, des marchandises et « des denrées, au grand préjudice d1t public ... » Jamais la question des loye1's n'a été posée depuis avec plus de précision et de loyauté. Au remède proposé maintenant: « ... Les Prévôt des Marchands et échevins ont représenté « à Sa Majesté qu'il serait très avantageux de former un nou- « veau quartier depuis et hors des remparts jusqu'au chemin « des Porcherons, et depuis la continuation qui sera faite de la
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