La Revue socialiste - 1892 - Tome XVI - vol 01

701 LA REVUE SOCIALISTE Au surplus, où sera l'intérêt du propriétaire, et tous l'entendro'I t-i ls de même façon ? Victimes de la réforme, en quoi donc? On va leur payer, en bonnes et solides obligations de la ville de Paris, non pas sans doute la valeur injustement majorée, mais la valeur exacte et légitime de leurs immeubles. Cela n'ira pas, évidemment, sans une réduction de leur revenu : mais ne s' eu trou vera-t-il pas un grand nombre pour préférer aux sou,;is de l'admi11istration d'un immeuble, aux risques de l'entretien, aux aléas de non-location et de non-paiement, des coupons à échéance fixe, représentant un revenu, inférieur peut-être, mais certain? Par ce temps d'abominables attentats, qui menacent autant les pierres que les personnes, j'ai quelque idée qu'on trouverait sans chercher bien loin des JJropriétaires qui, même au prix d'une réduction de revenu, échangeraient leurs titres de propriété contre des obligations foncières de la Ville. Ils seront peut-être plus nombreux qu'on ne pense ceux qui, sollicités par la justice éclatante, et retenus par un intérèt douteux, entreront résolùment dans les voies du juste, et apporteront à l'œnvre de réforme un« concours de bonne foi. , I ~lettons-nous donc à la besogne, et commençons la gigantesque opération. J'ai dit que, pour la première partie de la tàche, les lois actuelles étaient pleinement suffisantes: uous allons donc suivre la procédure ordinaire en matière d'expropriation pour cause d'utilité publique. On m'accordera qu'il est permis de supposer l'arrivée au Conseil municipal d'une majorité franchement socialiste; si Paris était appelé à voter dimanche, cela pourrait ètre vrai la semaine prochaine : la supposition n'a donc rien d'extravagant. Un membre de cette majorité dépose une proposition tendant à l'expropriation de Paris: cela n'est pas une nouveauté, puisque déjà, le ï octobre 1880, le Cons<'ilmunicipal a été saisi par un de ses membres, M. Manier, d'un projet« tendant à l'expropriation « de tous les immeubles situés dans l'enceinte de la ville de « Paris. » Il y a douze ans, ce projet n'eut même pas les honneurs d'un rapport en séance; mais les temps ont marché, et la majorité nouvelle le traite moins dédaigneusement. Elle le fait étudier par une C'Ommissionspéciale, le discute en séance publique, et finalement l'adopte. Reste au Conseil mnnicipal, dont mon hypothèse n'étend pas le~ attributions au-delà du cercle tracé par les lois actuelles, à se pourvoir auprès des autorités

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