702 LA REVUE SOCIALISTE prévoir l'usage que la Ville de Paris ferait alors de son magnifique patrimoine : c'est affaire, hélas 1non pas à nous, mais aux Parisiens du XX• siècle. Il n'est pas, cependant, interdit de supposer qu'ils pourraient, avantageusement, décider de doter tous les services publics avec le seul produit des immeubles : de telle façon que, moyennant une faible redevance ajoutée aux frais d'entretien, et qne l'on pourra pour la commodité du langage continuer à appeler loyer, les citoyens du libre Paris seraient affranchis de toute autre charge. Nos neveux, dirons-nous à notre tour, venont de belles choses! Telle est, à mes yeux, la transformation qui attend la propriété parisienne : j'espère montrer qu'elle s'élabore déjà dans les faits, qu'elle peut en tout cas s'accomplir naturellement et sans secousse. Il y suffira de quelques« concours de bonne foi», pour parler commé M. Challemel-Lacour. Je serais surpris à dire franc, que les concours nécessaires fissent d<Jfaut à l'œu vre de salut. La réforme dont j'ai seulement tracé jusqu'à présent les grandes lignes par&it de nature à séduir0 lïmmense majorité des Parisiens, soit par les perspectives lointaines qu'elle découvre, soit par les avantagesimmédiats qui en doivent nécessairement découler. Ce n'est point là matière de bréviaire : et, quand on traite devant des Parisiens la question des loyers, chacun sait ce que parler veut dire . .J'apporte une solution que je crois conforme aux indications fournies par les faits. Solution socialiste, soit 1Le grand public n'a plus peur des mots et ne s'embarrasse pas pour si peu. Le jour où, sous une forme quelconque, l'opinion serait saisie du projet dontje veux tracer les linéaments, nous assisterions à un classemeut non veau qui ne serait pas pour inquiéter les socialistes. On peut, en elfet, suivant les circonstances et les points de vue, distinguer les Parisiens en :républicains et réactionnaires, catholiques et libres-penseurs, prolétaires et capitalistes .... , que sais-je encore? Toutes ces distinctions ont leur raison d'être, et représentent des différences réelles de tempérament, de préjugés ou d'intérèts. Mais, de toutes les classifications possibles, celle qui, dans le domaine social, répond aux différences les plus intirues et les plus profondes, n'est-ce pas celle qui met dans un camp le peuple innombrable des locataires, dans l'autre une infime minorité, les propriétaires? Locataires et propriétaires; ceux qui paient leur terme et ceux à qui on le paie, voilà, pour
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