La Revue socialiste - 1892 - Tome XVI - vol 01

LA LIQUIDATION FONCIÈRE 701 J'P-stime, et je veux essayer de démontrer que,- sinon dans toute la France, au moins à Paris, - la propriété individuelle a -fait son temps; que le régime actuel e:,t un obstacle au développement social· et viole les règles de la justice. J'estime que la propriété de tous les immeubles parisiens doit .passer des particuliers à la Commune : et j'ajoute que cette transmission, indispensable à la sauveg-arile des intérêts géné- .raux, peut et doit s'accomplir sans difficulté, par la simple application des lois actuelles. J"estime que le rachat de la propriété parisienne est une opération relativement aisée, pour si vaste qu'elle paraisse : et j'ajoute que pour y procéder équitablement, en tenant le compte le plns scrupuleux des droits que l'état social actuel a pu créer au profit des propriétaires, il suffirait de faire subir à nos lois quelques modifications, nullement fondamentales, modifications que la justice commande et qui ont des racines profondes dans les traditions de l'ancienne France. Tout cela s'expliquera clairement au cours do ce travail. Ainsi la Ville de Paris deviendrait propriétaire de tous les immeubles compris dans l'enceinte de ses murailles. Sie.usdoute, elle en devrait le prix, représenté par des obligations gagées sur l'ensemble de la propriété parisienne, et garanties en outre, par toutes le!-.ressources du budget communal : mais tous les ans, par le jeu d'une combinaison financière dont il suffira d'esquisser le plau, la Ville réduirait sa dette. Avec les reyenus mêmes des .immeubles. elle amortirait son prix d'acquisition : et le jonr viendrait, plus on moins proche, où la Ville aurait intégralement payé la lourde rançon du passé, où la propriété parisienne serait définitivement affranchie, où Paris s'apparUen<lrait à luimême. Cependant, et le lendemain même du rachat, la Ville aurait organisé le service communal du logement. La valeur -des immeubles ayant été, par l'opération du rachat, définitivement consolidée, il suffirait de leur demander les revenus né- ' cessaires pour faire face au service d'un capital, qui non-seulement ne pou·rrait plus s'accroître, mais qui, au contraire, par le jeu de l'amortissement, irait diminuant chaque année. De la sorte, le mouvement ascensionnel des loyers se trouverait enrayé neb: et ce serait uu avantage immédiat, dont la population parisienne sentirait vivement le prix. Annuellement, l'ensen;ible des . loyers pourrait être réduit d'une somme égale au revenu des capitaux amortis : et, d'étape en étape, on arriverait au mo,- • ment où, les immeubles ayant cessé de trainer le poids mort de la dette, la Ville pourrait n'exiger de ses locataires que le montant des frais d'entretien. Il serait oiseux et téméraire de

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