La Revue socialiste - 1892 - Tome XVI - vol 01

6G LA REVUE SOCIALISTE LEPRIVILÈGE DELABANQDUEFERANCE La Revue Socialiste n'a jamais varié dans sa réprobation de l'aliénation, par l'Etat, du privilège de la Banque de France. A plusieurs reprises nos collaborateurs Malon, Rouanet, Chirac, Pinaud, Delon sont revenus sur la grave question et toujours ils se sont prononcés pour la nationalisation de la Banque de France. Encore dans le précédent numéro, Delon faisait justice du Rnpport de M. Burdeau, ce fils de prolétaires qui aurait pu être une des gloires et l'un des plus compétents défenseurs de ses frères d'origine et qui a préféré consacrer son intelligence à faire l'apologie des plus onéreux privilèges. Rouanet devait, dans ce numéro, exposer à nouveau les doctrines socialistes de la Revue en matière de crédit. Mais, comme notre collaborateur nous l'a dit lLli-même, le discours d'Alexandre Millerand - un des meilleurs qui, dans ces dernièrt>s années, ait retenti à la tribune française - contient le principal de ce que nous avions à dire. Dans ces conditions, le plus simple était de publier dans la Re·rne Socialiste le compte-rendu analytique de l'éloquent et substantiel discours du jeune et brillant député de la Seine. Nous faisons suivre celte reproduction des principaux passagC's du beau discours que Camille Pelletan a prononcé à la séanee'suivante en réponse à des drôleries plus ou moins spirituelles de M. Léon Say contre le crédit gratuit, cette utopie prudhonnienne qui n'était pas et ne pouvait pas être en cause. Ceci dit, nous cédons la place aux orateurs de la démocratie en regrettant de ne pouvoir reproduire en entier le magnifique discours de CëJmille Pelletau qui a occupé deux séances et n'a rien laissé dr:bout des singulières affirmations des Burdeau, des Rou vier et des Léon Say, tous mandataires de M. de Rothschild.

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